Lors d’une deuxième conférence de presse tenue le mercredi 21 octobre 2026, le bâtonnier honoraire Jean-Claude Muyambo a formulé de nouvelles accusations contre l’ancien président Joseph Kabila. Il a notamment évoqué la mort d’Aimée Kabila, cité Mwenze Kongolo parmi les victimes qu’il associe à l’ancien régime et affirmé avoir été sollicité par des proches de l’ex-chef de l’État pour rejoindre leur camp. Des déclarations graves qui appellent à des vérifications indépendantes.
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Jean-Claude Muyambo poursuit son offensive médiatique contre Joseph Kabila. Lors d’un point de presse organisé mercredi 21 octobre à Kinshasa, l’ancien ministre des Affaires humanitaires a livré une nouvelle série d’accusations portant sur les zones d’ombre des dix-huit années de pouvoir de l’ancien chef de l’État.
Au cours de cette deuxième sortie, le bâtonnier honoraire a notamment mis en cause Joseph Kabila dans la mort d’Aimée Kabila, évoqué le cas de Jeannot Mwenze Kongolo et cité d’autres personnalités, parmi lesquelles Samba Kaputo et Katumba Mwanke. Ces déclarations s’inscrivent dans une offensive politique et judiciaire que Jean-Claude Muyambo mène depuis plusieurs jours contre l’ancien président.
Aimée Kabila au centre des accusations
Parmi les dossiers évoqués, celui de la mort d’Aimée Kabila occupe une place centrale. Assassiné à Kinshasa en janvier 2008, ce dossier demeure controversé, notamment en raison des divergences qui ont entouré son identité et ses liens avec la famille de Laurent-Désiré Kabila.
Jean-Claude Muyambo a directement accusé Joseph Kabila d’être impliqué dans ce décès. Selon son interprétation, cette affaire serait liée aux contestations autour de la filiation au sein de la famille de l’ancien président Laurent-Désiré Kabila.
Ces accusations, d’une extrême gravité, doivent toutefois être distinguées des faits établis par une décision judiciaire. Elles remettent néanmoins sur le devant de la scène une affaire qui continue d’alimenter les interrogations sur les circonstances de la mort d’Aimée Kabila.
Mwenze Kongolo et d’autres noms cités
Dans la même intervention, Jean-Claude Muyambo a également cité Jeannot Mwenze Kongolo parmi les personnes qu’il associe aux victimes de l’ancien régime. Ancien ministre de la Sécurité et de la Justice sous Laurent-Désiré Kabila, celui-ci avait notamment dénoncé la perquisition de sa ferme par des militaires en 2014, qu’il avait présentée comme une opération dirigée contre lui.
Le bâtonnier honoraire a également mentionné Samba Kaputo et Katumba Mwanke, deux figures de l’entourage politique de Joseph Kabila, ainsi que d’autres personnes dont il n’a pas nécessairement détaillé les circonstances dans lesquelles elles auraient été victimes du régime.
En réunissant ces différents noms, Jean-Claude Muyambo entend mettre en cause la responsabilité politique de l’ancien chef de l’État dans une série d’affaires controversées. Les liens précis entre les événements cités et les responsabilités qu’il attribue à Joseph Kabila nécessitent cependant d’être établis au moyen d’éléments vérifiables.
Une tentative de rapprochement avec le camp de Kabila ?
Autre affirmation avancée au cours de ce point de presse : Jean-Claude Muyambo assure avoir été contacté, après sa première intervention médiatique, par des personnes appartenant au camp de Joseph Kabila. Selon son récit, ses interlocuteurs lui auraient proposé de rejoindre leur mouvement, une démarche qu’il affirme avoir catégoriquement rejetée.
Cette déclaration intervient alors que Joseph Kabila est associé à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), qui regroupe notamment le M23, dans le contexte du conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo. Muyambo présente cette sollicitation alléguée comme une tentative de rapprochement politique qu’il refuse.
À ce stade, cette affirmation repose sur le témoignage du bâtonnier honoraire. L’identité des personnes qui l’auraient approché et les circonstances précises de cette démarche n’ont pas été établies dans les éléments rapportés.
Muyambo réclame une action de la CPI
Cette deuxième conférence de presse prolonge une première offensive au cours de laquelle Jean-Claude Muyambo avait appelé, le 15 octobre 2026, le président Félix Tshisekedi à engager des démarches visant à traduire Joseph Kabila devant la Cour pénale internationale (CPI).
Le bâtonnier honoraire estime que les faits qu’il impute à l’ancien président justifieraient une démarche devant cette juridiction. Il a notamment établi un parallèle avec les poursuites engagées contre l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.
Une éventuelle saisine de la CPI ne signifie toutefois ni qu’une enquête serait automatiquement ouverte, ni que les accusations seraient établies. La compétence de la Cour et les conditions juridiques d’une éventuelle procédure devraient être examinées au regard des faits et des éléments de preuve disponibles.
Par cette nouvelle sortie, Jean-Claude Muyambo entend maintenir la pression sur Joseph Kabila et relancer le débat sur les responsabilités politiques et judiciaires liées à plusieurs affaires controversées de l’histoire récente de la RDC. Reste à savoir si ces accusations seront étayées par des éléments susceptibles de donner lieu à des procédures judiciaires.