Haut-Katanga : Les coopératives minières artisanales en ordre de bataille pour l’accès aux ZEA



À Lubumbashi, le SAEMAPE poursuit le délicat chantier de la formalisation de l’artisanat minier. Objectif : assainir un secteur longtemps informel et préparer sa mutation vers la petite mine, conformément à la vision des autorités congolaises.

Dans le Haut-Katanga, les coopératives minières artisanales s’organisent. À l’appel du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE), elles se sont engagées dans un vaste processus de recensement et de soumission des dossiers, préalable indispensable à l’attribution des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) mises à leur disposition par l’État.

Lancée officiellement le mardi 27 janvier 2026 à Lubumbashi, cette opération marque une nouvelle étape dans la réforme de l’artisanat minier en République démocratique du Congo. Après la phase de dépôt des dossiers, le processus est désormais entré dans une étape plus technique : l’examen et l’évaluation des candidatures.

Une réforme pilotée par le gouvernement


La cérémonie de lancement a été présidée par le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo Kadiobo, en mission officielle dans le cadre de la vulgarisation des réformes du secteur minier artisanal, voulues par le ministère national des Mines.

Face aux responsables des coopératives, le ton s’est voulu à la fois pédagogique et ferme. Le message est clair : l’accès aux ZEA ne sera possible qu’au prix du respect strict des normes légales et réglementaires.

« Engageons-nous à respecter l’ordre et la conformité pour l’émergence de la classe moyenne et le développement durable de la République démocratique du Congo », a exhorté Jean-Paul Kapongo Kadiobo.

Les coopératives candidates ont ainsi été invitées à se présenter avec des statuts notariés, des agréments délivrés par le ministère des Mines et les notifications officielles du SAEMAPE, documents indispensables à toute reconnaissance officielle.

De l’artisanat à la petite mine

Au cœur de cette démarche, une ambition assumée : transformer en profondeur l’exploitation minière artisanale. Pour le directeur général du SAEMAPE, il ne s’agit plus seulement d’encadrer les creuseurs, mais de préparer une véritable montée en gamme du secteur.

« Nous voulons faire la mutation de l’artisanat minier vers la petite mine. Cela signifie permettre aux Congolais de devenir propriétaires de leurs titres miniers et de détenir des unités de traitement », a-t-il expliqué à la presse.

Cette mutation passe par la vulgarisation du Code et du Règlement miniers, mais aussi par un dialogue constant avec les acteurs de terrain, afin de rappeler les exigences du cahier des charges et les responsabilités qui incombent aux coopératives.

Un recensement à l’échelle du Grand Katanga


Si Lubumbashi constitue la première étape, l’opération se veut beaucoup plus large. Le recensement concerne l’ensemble de l’espace du Grand Katanga. Après le Haut-Katanga, la mission s’étendra au Lualaba, avant de toucher, selon l’agenda établi, le Haut-Lomami et le Tanganyika.

« Notre ambition est de rassembler les creuseurs, de les structurer en coopératives et de disposer de statistiques fiables, dans une logique de bonne gouvernance impulsée par le président Félix Tshisekedi », a souligné le DG du SAEMAPE.

Aucune complaisance face à la non-conformité

Présent à la rencontre, le conseiller du ministre des Mines, a tenu à lever toute ambiguïté sur l’issue du processus.

« La loi s’appliquera. Soit on se conforme et on est éligible, soit on ne se conforme pas et on ne l’est pas. Il n’y aura pas de demi-mesure », a-t-il martelé.

Il a toutefois rassuré les coopératives sur la conduite du processus, qui se déroulera, selon lui, dans le respect des principes de transparence, d’objectivité et de responsabilité.

La technique comme filtre d’accès aux ZEA

La rencontre s’est achevée par une présentation technique du directeur provincial du SAEMAPE, détaillant les critères requis pour l’éligibilité aux ZEA. Ces paramètres — organisation interne, capacités techniques et conformité administrative — détermineront l’accès effectif aux zones mises à disposition par l’État.

À travers cette initiative, le SAEMAPE entend réaffirmer son rôle central : structurer l’exploitation artisanale, renforcer les capacités des exploitants, améliorer la traçabilité des minerais et intégrer durablement le secteur dans les circuits officiels de l’économie congolaise.


Junior Ngandu

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