Lualaba : Les femmes toujours sous-représentées dans les organes de développement communautaire, selon une étude du CAJJ


En marge du mois de mars consacré aux droits des femmes, un nouveau rapport du Centre d’aide juridico-judiciaire (CAJJ), une organisation de la société civile congolaise, met en lumière la faible représentation des femmes dans les organes de développement communautaire dans la province du Lualaba, en République démocratique du Congo.

Selon cette étude, seulement 15 % des femmes participent aux instances de gestion du développement communautaire, un taux largement inférieur à celui des hommes, et ce malgré l’existence d’un cadre juridique garantissant la parité entre hommes et femmes dans les institutions.

« Les résultats de l’étude menée montrent clairement que les femmes de la province du Lualaba sont sous-représentées au sein des organes de développement communautaire », souligne le CAJJ dans son rapport.

L’organisation précise que les femmes ne représentent que 15 % des membres présents dans les différentes structures locales, notamment les comités locaux de développement, les comités locaux de suivi et les organismes spécialisés chargés de la gestion de la dotation pour les communautés locales affectées par l’exploitation minière.

Des obstacles socioculturels persistants

Le rapport met également en évidence plusieurs facteurs expliquant cette faible participation féminine.

Parmi les obstacles identifiés figurent notamment le manque d’information et de sensibilisation des femmes, certaines attitudes discriminatoires au sein des communautés locales ainsi que des perceptions sociales qui continuent de sous-estimer les capacités des femmes par rapport à celles des hommes.

Pour le CAJJ, ces freins socioculturels continuent d’entraver l’accès des femmes aux espaces décisionnels liés à la gouvernance locale et au développement communautaire.

Des recommandations aux autorités et aux acteurs locaux

Afin de corriger ces déséquilibres, l’organisation dirigée par Josué Kashal formule plusieurs recommandations à l’attention des autorités publiques, des organisations de la société civile et des communautés locales.

Le CAJJ recommande notamment au gouvernement provincial du Lualaba de signer en urgence un arrêté fixant les modalités de désignation des représentants des communautés locales affectées par l’exploitation minière au sein des organes de développement communautaire, tout en précisant un seuil minimum de représentativité féminine dans ces structures.

L’organisation appelle également les organisations de la société civile à renforcer les capacités des femmes déjà impliquées dans ces organes, notamment sur les questions liées à la gouvernance minière, au développement communautaire et à la gouvernance locale.

Enfin, le CAJJ exhorte les communautés locales à intégrer systématiquement l’approche de la parité homme-femme lors de la désignation de leurs représentants dans les structures de gestion du développement communautaire.

La Rédaction

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