
La commune urbano-rurale de Fungurume dans la province du Lualaba, est confrontée à une vague de tensions alimentée par des rumeurs persistantes autour d’un prétendu phénomène de « disparition » d’organes génitaux. Depuis plusieurs jours, un climat de peur et de suspicion s’est installé dans plusieurs quartiers de la municipalité.
Une rumeur aux conséquences violentes
De Barrière 4 à Mpala, en passant par Mutende et d’autres zones périphériques, des jeunes sont régulièrement pris à partie par des habitants qui les soupçonnent d’être impliqués dans ces faits supposés.
Selon des témoignages concordants, certaines personnes seraient accusées d’avoir provoqué la « disparition » des parties intimes de leurs concitoyens à la suite d’une simple salutation. À ce stade, aucune preuve formelle n’a été établie par les autorités compétentes pour confirmer l’existence d’un tel phénomène.
Dans plusieurs cas, ces accusations ont donné lieu à des attroupements et à des actes de lynchage. Des blessés auraient été signalés, tant parmi les personnes accusées que parmi des habitants pris dans les débordements.
L’autorité communale hausse le ton
Face à la situation, la bourgmestre intérimaire de Fungurume, Aline Makano Tshilombo, a publié le communiqué officiel n°004/BUR-BOURG/C-FGM/2026.
Elle s’est dite « sidérée » par les actes de justice populaire et a formellement interdit tout comportement assimilable à de telles pratiques, rappelant que seule la justice est compétente pour établir les responsabilités et sanctionner d’éventuelles infractions.
« Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif », a-t-elle souligné, avertissant que toute personne impliquée dans des violences s’exposera à des poursuites conformément aux lois de la République démocratique du Congo.
Peur collective et désinformation
Malgré l’absence de confirmation officielle sur la réalité des faits allégués, la rumeur continue de circuler, modifiant les comportements. Certains jeunes adoptent des pratiques qu’ils estiment préventives, dans un climat de méfiance généralisée.
Cette situation met en évidence les dangers de la désinformation et des rumeurs dans un contexte social sensible, où la peur peut rapidement dégénérer en violences collectives.
Les autorités locales appellent au calme, à la vigilance et au strict respect de la loi afin d’éviter une escalade susceptible d’affecter durablement la cohésion sociale dans la commune de Fungurume.
Moïse Kalulwa