Mining Indaba 2026 : Face aux ambitions minières, TFM alerte sur l’énergie, la fiscalité et l’exploitation artisanale illégale



Derrière les performances record du secteur minier congolais, les industriels alertent sur des fragilités structurelles susceptibles de freiner l’ambition de leadership mondial de la RDC. Lors forum Mining Indaba, Tenke Fungurume Mining (TFM) par la voix de son Directeur Général Adjoint John Woto, a dressé un tableau sans détour des obstacles structurels qui menacent la compétitivité du pays.

L’énergie, principal verrou de croissance

Premier défi identifié : le déficit énergétique. Pour les opérateurs, l’insuffisance chronique de production électrique constitue aujourd’hui le principal frein à l’expansion industrielle.

Pour illustration, les projections de production à l’horizon 2030 de TFM, qui pourraient dépasser 1,5 million de tonnes de cuivre, se heurtent à une réalité simple : l’accès à une énergie fiable reste limité.

Sans investissements massifs dans l’hydroélectricité, le solaire ou les interconnexions régionales, l’ambition industrielle du pays pourrait rester théorique.

« L’insuffisance énergétique constitue aujourd’hui le principal goulot d’étranglement du secteur », a averti John Woto, DGA de TFM.

Multiplication des contrôles administratifs

Deuxième difficulté majeure : la superposition des contrôles administratifs. Les opérateurs dénoncent un empilement d’inspections qui ralentit les opérations et augmente les coûts.

Si l’objectif de contrôle reste légitime dans un contexte de lutte contre la fraude, les industriels plaident pour une meilleure coordination institutionnelle.

Pression fiscale et parafiscale croissante

Autre sujet sensible : la pression fiscale. Les entreprises minières estiment que l’accumulation de taxes et de prélèvements parafiscaux fragilise la compétitivité du pays face à d’autres juridictions minières.

L’exploitation artisanale illégale, un défi sécuritaire et économique

Enfin, les industriels pointent la persistance de l’exploitation artisanale illégale sur certaines concessions industrielles. Un phénomène qui entraîne, selon eux, des pertes financières importantes et des tensions sécuritaires.

« Lorsque les concessions industrielles sont envahies par l’exploitation illégale, c’est toute la chaîne de valeur nationale qui est fragilisée », a insisté le DGA de TFM John Woto.

Dans ce contexte, le rôle de SAEMAPE est jugé central. L’organisme public est chargé d’encadrer l’exploitation artisanale et de favoriser sa formalisation via les coopératives minières.

Un tournant décisif pour la gouvernance minière

Pour de nombreux observateurs, l’avenir du secteur minier congolais dépendra de la capacité de l’État à équilibrer attractivité économique, souveraineté stratégique et stabilité réglementaire.

Dans un monde où la transition énergétique accélère la compétition pour les ressources critiques, la RDC dispose d’atouts géologiques uniques. Reste désormais à transformer ce potentiel en puissance industrielle durable.


La Rédaction/ CONGOMONDE.CD

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