
La nouvelle est tombée discrètement, au détour du bandeau défilant de la RTNC, en début de soirée de ce samedi 29 novembre 2025: la 13ᵉ Conférence des Gouverneurs, initialement programmée du 9 au 13 décembre 2025 à Bandundu, est reportée à une date ultérieure.
Un report que les organisateurs expliquent officiellement par la nécessité de « finaliser les préparatifs dans les meilleures conditions ». Une formule polie qui cache mal une évidence : la ville n’était pas prête.
Des travaux en retard, malgré l’urgence
Depuis plusieurs semaines, des doutes circulaient déjà autour de la capacité de Bandundu à accueillir un rendez-vous d’une telle envergure. Les principaux chantiers lancés pour l’événement affichaient des retards difficiles à rattraper.
Les deux grands chapiteaux prévus pour accueillir les assises étaient encore loin d’être opérationnels : sur l’un, le coulage de la dalle accusait un sérieux retard ; sur l’autre, les équipes s’échinaient encore à niveler le terrain et à poser des caniveaux, bien avant la phase de montage de la superstructure.
Même son de cloche sur l’avenue Kwango, annoncée comme devant être bétonnée sur 12 km : aucune couche de béton n’avait été posée. Les travaux de drainage, eux, n’en étaient qu’à moitié.
Un aéroport loin des standards attendus
Le chantier le plus sensible demeure celui de l’aéroport de Bandundu. L’Office des routes devait y ériger une clôture, réhabiliter la piste, renforcer le tarmac et exécuter divers ouvrages permettant une meilleure capacité d’accueil.
Mais le calendrier a déraillé : sur les 6 400 m² du tarmac à renforcer, à peine 900 m² avaient été achevés quelques jours avant l’échéance.
Le manque d’accès aux matériaux, les pluies répétées et une main-d’œuvre majoritairement manuelle ont considérablement freiné l’avancée des travaux.
Malgré les assurances réitérées de l’Office des routes, le report de l’événement vient, de fait, balayer tout optimisme.
Un programme présidentiel désormais incertain
La Conférence des Gouverneurs n’était qu’un élément parmi d’autres du programme présidentiel annoncé dans le Grand Bandundu. Un déplacement du Chef de l’État à Kikwit figurait également au calendrier, accompagné d’un meeting populaire et de plusieurs inaugurations : hôpital militaire Pwati, bâtiment de l’auditorat militaire, messe des officiers, inspection de la sous-station du barrage de Kakobola, poursuite des travaux de l’hôpital général de référence de Kikwit.
Le report relance une question cruciale : ce programme présidentiel sera-t-il maintenu, réorganisé ou suspendu ?
Un revers pour Bandundu, un test pour l’État
Pour Bandundu, ce report constitue plus qu’un simple contretemps. La province comptait sur cet événement pour afficher son renouveau et capter l’attention nationale. Au contraire, les retards exposent les fragilités logistiques et structurelles qui minent encore l’exécution rapide des grands travaux publics.
Le gouvernement invite désormais les équipes locales à accélérer les chantiers. Mais une interrogation subsiste :
combien de temps faudra-t-il réellement pour que Bandundu soit prête à accueillir un événement de cette envergure ?
La Rédaction