RDC : Félix Tshisekedi affirme, preuves à l’appui, la coordination sécuritaire entre le Rwanda et l’AFC/M23



Lors de la cérémonie d’échange des vœux organisée samedi 31 janvier 2026 au Palais de la Nation, à Kinshasa, devant les membres du corps diplomatique accrédité en République démocratique du Congo (RDC), le Président Félix Tshisekedi a dénoncé avec vigueur le soutien extérieur à la violence armée qui sévit sur le territoire congolais. Il s’est appuyé, pour étayer ses propos, sur une reconnaissance officielle récemment faite devant le Congrès des États-Unis d’Amérique.

Un aveu officiel qui change la donne

Le chef de l’État a rappelé que la RDC dénonce depuis plusieurs années, preuves à l’appui, l’appui extérieur dont bénéficie la violence armée dans l’Est du pays. Il a souligné qu’une déclaration officielle, faite ces derniers jours devant le Congrès américain par une haute représentante de la République du Rwanda, a reconnu l’existence d’une coordination sécuritaire avec les rebelles de l’AFC/M23.

Cette reconnaissance marque un tournant inédit dans la communication officielle rwandaise, jusqu’alors caractérisée par des dénégations répétées de tout soutien direct à la rébellion du M23 opérant dans l’Est de la RDC. Le 22 janvier 2026, lors d’une intervention devant un sous-comité de la Chambre des représentants des États-Unis, Mathilde Mukantabana, ambassadrice du Rwanda à Washington, a admis l’existence de cette coordination, présentée comme défensive et destinée, selon elle, à la protection de certaines populations et à la prévention de violences transfrontalières.

Une reconnaissance aux implications majeures

Pour le Président Félix Tshisekedi, cet aveu constitue un fait politique et diplomatique majeur. Il réduit considérablement l’espace du déni autour de l’ingérence étrangère dans le conflit congolais, clarifie les responsabilités des acteurs impliqués et place la communauté internationale devant ses obligations.

Le chef de l’État a estimé que cette reconnaissance impose d’aller au-delà des déclarations de principe et de recourir aux mécanismes d’exécution prévus par le droit international, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et les engagements politiques librement souscrits par les États concernés.

Il a par ailleurs insisté sur le fait qu’aucune justification, qu’elle soit sécuritaire ou autre, ne saurait légitimer l’occupation de facto de portions du territoire congolais, l’instauration d’administrations parallèles, les déplacements forcés de populations civiles ni la prédation des ressources naturelles au détriment de la souveraineté de la RDC, État membre des Nations unies.

Un contexte diplomatique sous haute tension

Cette reconnaissance par une haute responsable rwandaise intervient dans un contexte régional et international particulièrement sensible, marqué par des pressions accrues en faveur d’un règlement pacifique du conflit dans l’Est de la RDC et par l’exigence de mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelle notamment à la cessation de tout soutien extérieur aux groupes armés et au retrait de toutes les forces étrangères du sol congolais.

Alors que la crise sécuritaire continue d’engendrer des déplacements massifs de populations et d’aggraver la situation humanitaire, cette déclaration devant le Congrès américain constitue un élément nouveau et potentiellement déterminant dans le débat international sur le rôle des États voisins dans le conflit congolais, même si Kigali maintient que cette coordination serait défensive et limitée à la lutte contre d’autres groupes armés.


La Rédaction

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