
En déplacement au Kongo Central, la Première ministre a donné le ton d’un chantier présenté comme structurant pour la formation médicale et l’accès aux soins. À Kisantu, l’Université Kongo s’apprête à accueillir des cliniques universitaires de 3 000 lits.
Arrivée le 22 février 2026 à Mbanza-Ngungu, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a été accueillie par une mobilisation populaire à la hauteur des attentes suscitées par sa visite. Étudiants, autorités locales et forces vives se sont massés pour saluer celle qui, dès le lendemain, devait poser la première pierre d’un projet hospitalier d’envergure à Kisantu.
Au cœur de cette tournée : la future construction des cliniques universitaires de Université Kongo, un complexe hospitalier universitaire annoncé avec une capacité de 3 000 lits. Un projet dont le coût est estimé à 6,7 millions de dollars américains, hors équipements médicaux.
Un chantier stratégique pour la santé et la formation
Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’une simple infrastructure sanitaire, mais d’un levier structurant pour le système de santé national. Ces cliniques doivent à la fois renforcer l’offre de soins dans le Kongo Central et servir de cadre de formation pratique aux étudiants en médecine.
Dans une province en pleine croissance démographique, la pression sur les structures hospitalières existantes est constante. La création d’un complexe universitaire hospitalier ambitionne donc de combler un double déficit : celui des capacités d’accueil des patients et celui des terrains de stage pour les futurs professionnels de santé.
En filigrane, c’est le quatrième pilier du Programme d’actions du gouvernement (PAG) 2024-2028 — consacré à l’accès aux soins de qualité et à la formation — que la cheffe de l’exécutif entend matérialiser.
« Je mets la pression sur mon gouvernement »
Face à la foule rassemblée, Judith Suminwa a adopté un ton volontaire :
« Les engagements du Chef de l’État seront réalisés… Je mets la pression sur mon Gouvernement », a-t-elle déclaré, dans une formule qui sonne comme un rappel à la discipline et à la célérité.
Cette référence au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, inscrit le projet dans la continuité des promesses présidentielles en matière de santé et d’infrastructures publiques.
La Première ministre a également évoqué les travaux en cours sur la route de Nkamba, dite « Route de la passion », présentée comme un axe structurant pour la mobilité et le développement local. Une manière de souligner que l’amélioration de l’accès aux soins passe aussi par l’accessibilité des territoires.
Une province au cœur des priorités
Le Kongo Central, carrefour stratégique vers l’Atlantique et zone à forte densité, occupe une place particulière dans la stratégie gouvernementale. L’implantation d’un complexe hospitalier universitaire à Kisantu vise à déconcentrer les services de santé de haut niveau, encore largement polarisés autour de Kinshasa.
Reste désormais à transformer l’annonce en chantier effectif, puis en infrastructure opérationnelle. Dans un pays où nombre de projets publics peinent à franchir le cap de la concrétisation, la déclaration de la Première ministre — « je mets la pression » — apparaît aussi comme un message adressé à son administration.
À Kisantu, l’espoir est palpable. Pour les étudiants en médecine comme pour les familles en quête de soins spécialisés, le futur complexe représente bien plus qu’un bâtiment : la promesse d’un accès plus digne et plus proche à la santé.
La Rédaction