
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté, ce samedi à Kinshasa, sept militaires rwandais ainsi que huit civils ressortissants de pays de la sous-région, capturés lors des récents affrontements contre les rebelles de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La présentation officielle a été faite devant la presse par le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, commandant adjoint du Service de communication et d’information des FARDC, en présence de plusieurs hauts responsables militaires congolais.
L’armée parle de « preuves irréfutables » de l’agression rwandaise
Pour l’armée congolaise, cette capture constitue une preuve supplémentaire de l’implication directe du Rwanda dans le conflit à l’Est de la RDC. Selon le lieutenant-colonel Hazukay, la présence de militaires rwandais loin de la frontière commune, dans des zones de combats actives, contredit les arguments avancés par Kigali pour justifier ses opérations.
« Depuis le début de cette guerre, la RDC a toujours affirmé, preuves à l’appui, qu’elle est victime d’une agression rwandaise », a-t-il déclaré, évoquant notamment la situation à Uvira, une zone située à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière rwandaise.
Des civils étrangers accusés de collusion avec la rébellion
Parmi les huit civils présentés, les FARDC ont identifié plusieurs ressortissants étrangers, soupçonnés de collaboration avec les groupes armés :
Deux Burundais, dont l’un est accusé d’apologie du terrorisme au profit du M23/Red-Tabara et l’autre de connivence et d’espionnage, arrêtés à Uvira ;
Des ressortissants tanzaniens et ougandais, soupçonnés d’avoir assuré un appui logistique ou d’avoir collaboré avec la rébellion sur le terrain.
L’armée congolaise affirme que ces arrestations illustrent une tentative de régionalisation du conflit, impliquant des réseaux transfrontaliers opérant en appui aux groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Cette communication intervient alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC, malgré les initiatives diplomatiques en cours. Les FARDC dénoncent le non-respect des engagements internationaux, notamment la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU et l’accord de paix signé à Washington en décembre 2025, censés conduire à une désescalade du conflit.
Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir activement la rébellion du M23, tandis que les efforts régionaux et internationaux peinent à produire un apaisement durable sur le terrain.
La Rédaction