RDC : L’ITIE pousse à la transparence des contrats miniers, pétroliers et forestiers à Lubumbashi



À Lubumbashi, capitale cuprifère du Katanga, le Secrétariat technique de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC) a réuni, les 28 et 29 août, administrations, entreprises et société civile autour d’un enjeu crucial : la divulgation des contrats miniers, pétroliers et forestiers.

Cet atelier, organisé à l’hôtel Lubumbashi dans le cadre du Projet ENCORE, financé par l’IDA/Banque mondiale et mis en œuvre par le ministère congolais des Finances, vise à lever l’un des tabous persistants du secteur extractif : l’accès public aux contrats conclus entre l’État et ses partenaires privés.

L’heure des comptes

Depuis janvier 2021, la Norme ITIE impose aux pays membres de publier systématiquement les contrats et licences conclus, modifiés ou renouvelés dans les secteurs extractifs. En RDC, si plusieurs documents ont déjà été mis en ligne, les avancées demeurent inégales. Entre lenteurs administratives, résistance de certaines entreprises et manque de coordination entre structures publiques, la transparence reste partielle.

« L’objectif est clair : convenir du type de contrats à publier et mettre en place un mécanisme qui garantisse leur mise à jour régulière », a résumé Franck Nzira, expert du Secrétariat technique, en ouverture des travaux.

Un exercice sensible

Autour de la table, ministères sectoriels, Cadastre minier (CAMI), Cellule technique de coordination et de planification (CTCPM), COPIREP, Conseil supérieur du Portefeuille, mais aussi organisations de la société civile. Chacun est appelé à défendre ses prérogatives, dans un secteur où les intérêts économiques et politiques se chiffrent en milliards de dollars.

L’enjeu dépasse la simple publication : il s’agit d’instaurer une culture de redevabilité dans un pays où les ressources naturelles représentent l’essentiel des recettes d’exportation mais profitent encore trop peu aux populations.

Entre confiance et compétitivité

En toile de fond, le débat touche aussi à la compétitivité de la RDC sur le marché mondial des matières premières stratégiques – cuivre, cobalt et lithium en tête. La transparence contractuelle est vue comme un levier pour améliorer le climat des affaires et rassurer les investisseurs, tout en donnant aux communautés locales des moyens de contrôler l’usage des revenus.

Les conclusions de Lubumbashi devraient nourrir un calendrier précis de publication des contrats extractifs. Une étape clé alors que Kinshasa, régulièrement accusée d’opacité dans la gestion de son immense potentiel minier et forestier, cherche à convaincre qu’elle veut tourner la page.

La Rédaction

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