
À l’occasion de la Journée internationale de l’anesthésie, célébrée chaque 16 octobre, la Société d’anesthésie-réanimation de la RDC (SARDC), en collaboration avec le département d’anesthésie-réanimation de l’Université de Lubumbashi (UNILU), a organisé une matinée scientifique dans la salle Muteta de la Faculté de médecine. Placée sous le thème « L’anesthésiologie au cœur du parcours des patients », cette rencontre a réuni des professionnels de santé autour de plusieurs enjeux majeurs : la sécurité anesthésique, la prise en charge des urgences vitales et la gestion de la douleur.
Un cadre d’échanges et d’engagement collectif
Le lancement de la manifestation a été assuré par le chef des travaux, docteure Sandra Sagboze, chargée des relations publiques au sein de la SARDC. Dans son intervention, elle a souligné que cette journée allait au-delà d’une simple célébration, en constituant un moment de rencontre, d’échange et d’engagement collectif en faveur du développement de l’anesthésiologie.
« Votre présence montre l’importance accordée à l’anesthésiologie : ses progrès, son développement, sa transmission ainsi que son rôle dans notre communauté », a-t-elle déclaré à l’intention des participants.
Les différentes communications ont ensuite mis en évidence une préoccupation commune : renforcer les pratiques professionnelles afin de mieux prévenir les risques et d’améliorer la sécurité des patients tout au long de leur parcours de soins.
Anticiper les risques et renforcer la sécurité anesthésique
Chef du département d’anesthésie-réanimation de l’UNILU, le professeur docteur Iteke Fefe Karl-Rivain a ouvert la série des communications avec deux exposés consacrés respectivement à l’« Évaluation préanesthésique et anticipation des risques périopératoires » et à la « Sécurité anesthésique et prévention des événements indésirables en contexte de ressources limitées ».
Ces présentations ont mis l’accent sur l’importance de l’évaluation préalable des patients, de l’anticipation des complications et de la prévention des événements indésirables liés à l’anesthésie.
Les échanges avec l’assistance ont également souligné la nécessité d’une collaboration étroite entre les praticiens de différentes disciplines médicales. Cette approche multidisciplinaire est essentielle pour adapter la prise en charge aux risques propres à chaque patient, particulièrement dans les structures confrontées à des ressources limitées.
Urgences vitales : l’anesthésiste-réanimateur en première ligne
Le professeur docteur Michel Manika, chef du service d’anesthésie-réanimation aux Cliniques universitaires de Lubumbashi et président provincial de la SARDC, a développé le thème du « Rôle de l’anesthésiste-réanimateur dans la prise en charge des urgences vitales et des patients critiques ».
Son intervention a mis en lumière le rôle de ces spécialistes dans la prise en charge rapide des urgences vitales, y compris dans les environnements où les moyens techniques sont limités. Il a notamment évoqué le recours à des scores cliniques simples, accessibles au moyen de certaines applications numériques, comme outils susceptibles de contribuer à l’évaluation et à la prise en charge des patients.
L’enjeu consiste à mobiliser efficacement les connaissances et les ressources disponibles pour prendre rapidement les décisions nécessaires, sans perdre de vue les exigences de sécurité et de qualité des soins.
Douleur postopératoire : mieux évaluer pour mieux traiter
Abordant la « Prise en charge de la douleur, surveillance postopératoire et récupération du patient », le professeur docteur Christian Tshisuz Nawej a insisté sur la nécessité d’évaluer correctement la douleur avant d’instaurer un traitement antalgique.
Il a rappelé l’importance de connaître et d’utiliser les différentes échelles d’évaluation de la douleur, ainsi que le principe de l’analgésie multimodale, qui consiste à associer, lorsque cela est indiqué, des médicaments aux mécanismes d’action différents afin d’améliorer le soulagement du patient.
Le professeur a également attiré l’attention sur les précautions nécessaires dans l’utilisation et l’association de certains médicaments. « On ne mélange jamais de la morphine au tramadol, qui sont respectivement, des antalgiques du troisième et du deuxième paliers », a-t-il martelé.
Au-delà de la prescription des antalgiques, son intervention a soulevé la question des conditions de surveillance après une intervention chirurgicale. Il s’est notamment interrogé sur l’absence de salles de soins post-interventionnels (SSPI) dans de nombreux blocs opératoires de Lubumbashi. Cette préoccupation renvoie directement à l’organisation des soins et à la sécurité des patients pendant la période postopératoire.
« Un maillon essentiel de la sécurité du patient »
Dans son mot de clôture, le professeur Michel Manika a rappelé la place centrale de l’anesthésiste-réanimateur dans la prise en charge médicale, au-delà du seul bloc opératoire.
« L’anesthésiste-réanimateur n’est pas uniquement un acteur du bloc opératoire. Il est un maillon essentiel de la sécurité du patient, depuis son évaluation initiale jusqu’à son rétablissement », a-t-il souligné.
Le responsable a également appelé les professionnels à renforcer leur organisation, à améliorer leurs pratiques et à consolider leur engagement collectif en faveur de la sécurité des patients, dans l’attente de meilleures conditions de travail.
La matinée scientifique s’est achevée dans une ambiance conviviale autour d’un cocktail offert par la SARDC, en collaboration avec le département d’anesthésie-réanimation de l’UNILU, au Bassin de la ville de Lubumbashi.
À travers cette initiative, les organisateurs ont rappelé que l’anesthésiologie occupe une place déterminante à toutes les étapes du parcours de soins, de l’évaluation préopératoire à la récupération du patient, en passant par la prise en charge des urgences et la prévention des complications.
La Rédaction, avec Costa Tshinzam