
Après l’expiration de l’ultimatum fixé au pouvoir pour la convocation d’un dialogue national inclusif, la Coalition Article 64 (C64) annonce la reprise de ses actions citoyennes. La plateforme de l’opposition prévoit une marche pacifique le 15 septembre 2026 à Kinshasa, dans un contexte marqué par de fortes divergences autour du dialogue national et du projet de réforme constitutionnelle.
La C64 met fin à la trêve
La coalition avait suspendu sa précédente mobilisation prévue le 22 juillet afin de donner une chance à l’initiative de dialogue annoncée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, à la suite notamment des démarches de la CENCO et de l’ECC.
En contrepartie, la C64 avait fixé au 15 août une échéance pour la convocation officielle du dialogue national inclusif. Elle avait prévenu qu’en l’absence d’avancées concrètes, elle reprendrait ses actions citoyennes pacifiques.
Cette échéance désormais arrivée, la coalition entend donc renouer avec la mobilisation de terrain.
Une marche annoncée pour le 15 septembre
La C64 prévoit une marche pacifique le 15 septembre 2026, avec plusieurs points de rassemblement annoncés dans la capitale. Les manifestants devraient ensuite converger vers le Palais du Peuple, à l’occasion de la rentrée parlementaire.
Cette nouvelle mobilisation intervient alors que la coalition maintient ses principales revendications autour de la tenue d’un dialogue national inclusif consacré aux causes profondes de la crise congolaise.
Parmi les questions que l’opposition souhaite voir abordées figurent notamment la situation sécuritaire dans l’Est, la gouvernance, la crise socio-économique ainsi que les enjeux institutionnels.
Le projet de réforme constitutionnelle reste au cœur du bras de fer
La C64 continue également de contester le processus de changement constitutionnel engagé par les autorités.
La coalition estime que le renvoi de la loi sur le référendum au Parlement pour une nouvelle délibération ne signifie ni le retrait du texte ni l’abandon du projet de réforme constitutionnelle. Pour ses responsables, le processus reste donc une source majeure de tension politique.
La plateforme, conduite notamment par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, défend ainsi une ligne politique articulée autour de la préservation de l’ordre constitutionnel et de la tenue d’un dialogue inclusif.
Kinshasa maintient sa propre lecture du dialogue
Du côté du gouvernement, l’approche est différente. Le porte-parole Patrick Muyaya avait déjà estimé que le calendrier du chef de l’État ne pouvait être dicté par un ultimatum politique.
« Le président de la République a son agenda. Le président de la République a son timing, son calendrier », avait-il déclaré fin juillet, tout en réaffirmant que Félix Tshisekedi avait pris l’engagement d’organiser un dialogue national.
Cette divergence de lecture risque de continuer à alimenter la tension politique dans les prochaines semaines.
Une rentrée parlementaire sous tension
Avec cette annonce, la rentrée parlementaire du 15 septembre pourrait prendre une dimension particulière. La C64 entend faire de cette journée un moment de forte mobilisation autour de ses revendications politiques et institutionnelles.
La coalition affirme toutefois inscrire son action dans un cadre pacifique. Reste à voir comment les autorités et les organisateurs géreront les rassemblements annoncés afin d’éviter une escalade dans une séquence politique déjà fortement polarisée.
La Rédaction