Université de Lubumbashi : Gabin Mwemena décroche la grande distinction avec un mémoire de DEA sur le burnout dans le secteur minier

Assistant à l’Université de Lubumbashi, Gabin Mwemena Musenge a obtenu la mention grande distinction à l’issue de la défense de son mémoire de Diplôme d’études approfondies (DEA) en psychologie du travail. Son étude analyse les liens entre l’épuisement professionnel et le rendement des opérateurs d’engins lourds de Minerals and Metals Group (MMG) Kinsevere, en mettant particulièrement en évidence les enjeux de santé au travail et de sécurité industrielle.

La cérémonie de défense publique est intervenue ce vendredi 9 octobre 2026, à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Lubumbashi. Assistant et licencié en psychologie du travail, le récipiendaire a défendu son travail Intitulé « Burnout et rendement professionnel des opérateurs d’engins lourds de l’entreprise Minerals and Metals Group Kinsevere (MMG Kinsevere) », une étude qui s’est intéressée aux effets de l’épuisement psychologique sur la performance professionnelle dans un environnement minier caractérisé par de fortes exigences opérationnelles et sécuritaires.

Une recherche sur la fatigue et la performance en milieu minier

Pour mener son étude, l’impétrant s’est intéressé aux opérateurs de bennes, de camions, de pelles, d’excavatrices et de bulldozers. Sa recherche part notamment des contraintes physiques, attentionnelles et sécuritaires auxquelles ces travailleurs sont confrontés, ainsi que des difficultés de récupération liées au travail en équipes successives, notamment de nuit.

L’étude s’appuie sur des questionnaires psychométriques, des entretiens avec 42 opérateurs, l’observation directe et les données de télémétrie embarquée. Elle examine trois dimensions du burnout : l’épuisement professionnel, le cynisme et l’efficacité professionnelle.

Les résultats présentés font état d’un épuisement professionnel élevé chez 52 % des opérateurs étudiés, d’un niveau élevé de cynisme chez 44 % et d’une faible efficacité professionnelle chez 49 %.

La recherche relève également une moyenne de 18,99 erreurs pratiques par opérateur et par an, certains conducteurs cumulant jusqu’à 32 incidents annuels. Selon les résultats exposés, l’épuisement et le cynisme sont associés à une détérioration du rendement et à une augmentation des erreurs, tandis qu’une efficacité professionnelle plus élevée est liée à de meilleures performances.

Le travail de nuit et l’ancienneté parmi les facteurs examinés

L’étude met en évidence des différences selon certaines caractéristiques professionnelles. Les opérateurs travaillant de nuit présentent un épuisement plus élevé et un rendement inférieur à celui des travailleurs de jour, selon les données présentées lors de la défense.

L’ancienneté apparaît également comme un facteur important : les opérateurs comptant au moins dix ans de service enregistrent le niveau d’incidents le plus élevé parmi les groupes comparés. Les conducteurs de camions MT et les opérateurs ayant un niveau d’études primaire figurent aussi parmi les profils identifiés comme davantage exposés à certaines difficultés.

À travers ces observations, Gabin Mwemena souligne l’importance de considérer l’organisation du travail, la récupération et les conditions de sécurité dans l’analyse des performances des travailleurs du secteur minier.

Une défense devant un jury universitaire

Dirigée par le professeur ordinaire Célestin Tshilonda Kasol’a, avec le professeur ordinaire Jean-Claude Tshimanga Mukadi comme codirecteur, la recherche a été présentée devant un jury présidé par le professeur Placide Kaleu Mwandianvita.

Le comité de jury comprenait également les professeurs Célestin Tshilonda Kasol’a et Bruno Kwesele Choma Choma, intervenus par visioconférence, ainsi que les professeurs Alexandrine Kisimba Kya Ngoy, José Ngoy wa Ngoy Twite et Jean-Claude Tshimanga Mukadi.

Après la présentation de ses travaux, l’impétrant a répondu aux questions du jury. Le président de séance, le professeur abbé Pierre Maibwe Tambwe, vice-doyen de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, a accompagné le déroulement de cette séance académique.

À l’issue des échanges, les membres du jury se sont retirés pour délibérer à huis clos.

La grande distinction et une contribution à la santé au travail

À la proclamation des résultats, Gabin Mwemena Musenge a été déclaré réussi avec la mention grande distinction. Le professeur Pierre Maibwe Tambwe lui a ensuite conféré le grade de diplômé d’études approfondies en psychologie.

Au-delà de son apport scientifique, le travail propose un modèle d’intervention corrective du burnout, dénommé ICBM Mufuka. Celui-ci préconise notamment une meilleure organisation des horaires de travail, le renforcement de la formation à la gestion de la fatigue, l’amélioration des dispositifs d’alerte et la mise en place d’un accompagnement psychologique des travailleurs en difficulté.

La démarche défendue par le chercheur privilégie ainsi une approche qui associe santé mentale, prévention des accidents et performance industrielle, plutôt qu’une réponse exclusivement fondée sur la sanction des conducteurs.

Cette distinction marque une étape importante dans le parcours académique de Gabin Mwemena Musenge et met en lumière une problématique centrale pour les entreprises minières : la nécessité de concilier les exigences de production avec la santé des travailleurs et la sécurité des opérations.

 

Junior Ngandu 

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