Corridors de développement : Félix Tshisekedi place les infrastructures au cœur de la souveraineté économique de la RDC

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a réaffirmé la place stratégique des corridors de développement dans la transformation économique nationale. Lors de la 87e réunion du conseil ministres du 24 avril 2026, le chef de l’État a insisté sur le fait que ces axes ne doivent plus être perçus comme de simples voies d’évacuation, mais comme de véritables leviers d’intégration territoriale, de croissance et de souveraineté.

Selon cette vision, les corridors constituent désormais les artères vitales appelées à structurer durablement l’économie congolaise, tout en consolidant l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Faire de la RDC un hub des échanges africains

Située au centre du continent, la RDC ambitionne de devenir un carrefour stratégique du commerce africain. Pour atteindre cet objectif, Kinshasa mise sur la modernisation de plusieurs axes majeurs capables de fluidifier les échanges entre provinces et avec les pays voisins.

Parmi les corridors prioritaires figure le corridor Ouest Banana-Boma-Matadi-Kinshasa, adossé au futur Port en eau profonde de Banana. Présenté comme une ouverture directe sur l’Atlantique, cet axe est considéré comme crucial pour l’indépendance logistique du pays.

Le corridor Sud, reliant Ilebo à Lubumbashi via Dilolo et Sakania, reste essentiel pour l’industrie minière, bien qu’il nécessite d’importants travaux de réhabilitation.

Autre projet majeur : le corridor de Lobito, connecté au réseau ferroviaire angolais, qui représente une alternative stratégique pour l’exportation des minerais congolais.

Lobito, priorité économique régionale

Une attention particulière est accordée au corridor de Lobito, structuré autour des routes nationales RN39, RN7 et RN8.

La RN39 est présentée comme la colonne vertébrale minière, la RN7 comme un axe reliant les bassins agricoles du nord au sud, tandis que la RN8 doit favoriser l’intégration des zones forestières et agricoles de l’ouest.

L’ensemble formerait une chaîne logistique moderne au service d’un espace économique intégré. Les investissements attendus sur ce corridor sont estimés entre 4,5 et 5 milliards de dollars, avec un potentiel de hausse du trafic pouvant atteindre 150 %.

Instructions fermes aux ministres

Souhaitant accélérer la concrétisation de ces projets, le président Félix Tshisekedi a instruit plusieurs membres du gouvernement à renforcer la supervision de la Direction Générale des Corridors de Développement Industriel.

Le vice-Premier ministre en charge des Transports, le ministre de l’Industrie, celui des Finances, des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire sont appelés à coordonner les travaux, mobiliser les financements innovants, notamment via les partenariats public-privé, et assurer la cohérence spatiale de ces projets.

Une vision de long terme

À travers ces corridors, les autorités congolaises entendent réduire les coûts logistiques, renforcer les échanges interprovinciaux, attirer les investissements et repositionner la RDC comme acteur central du commerce africain.

Au-delà des infrastructures, Kinshasa veut surtout faire des corridors de développement un instrument de transformation nationale et d’affirmation stratégique sur l’échiquier continental.

Thierry Tshebwe

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