DRC Mining Week 2026 : pour TFM, l’énergie reste le principal verrou à la croissance minière en RDC




Alors que la République démocratique du Congo ambitionne de consolider son statut de géant mondial des minerais critiques, la question énergétique s’impose plus que jamais comme le principal défi du secteur extractif. À la DRC Mining Week 2026, Tenke Fungurume Mining a appelé à une planification concertée entre l’État, les producteurs d’électricité, les universités et les compagnies minières.

À Lubumbashi, la problématique énergétique s’est une nouvelle fois invitée au centre des débats de la DRC Mining Week. Dans une province où se concentre l’essentiel de la production nationale de cuivre et de cobalt, industriels et autorités publiques s’accordent sur un constat : sans électricité, les ambitions minières de la République démocratique du Congo risquent de se heurter à leurs propres limites.

Cette question a dominé les échanges du panel consacré à « L’énergie pour les mines : le mythe énergétique entre les sociétés minières, les services publics nationaux et les investisseurs dans les projets énergétiques », organisé dans le cadre de la 21ᵉ édition du plus grand rendez-vous minier d’Afrique centrale.


Autour de la table figuraient notamment le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, Eric Monga, directeur général de Kipay Investments, Marc Nyunzi Mutambala de FSD Africa, Major Sikaundi, directeur général de Copperbelt Energy Corporation (CEC), ainsi qu’Hugo Sinza, Directeur général adjoint du département de coopération de Tenke Fungurume Mining (TFM).

Dès son intervention, le représentant du géant minier a donné le ton.

« L’industrie minière aujourd’hui, sans énergie, c’est comme une voiture sans barre de direction », a-t-il déclaré.

Un déficit énergétique qui freine les ambitions minières

Pour TFM, la croissance de la production minière et la disponibilité de l’énergie sont désormais indissociables.

Alors que la RDC a franchi ces dernières années le seuil symbolique des trois millions de tonnes de cuivre produites annuellement, le pays continue pourtant de faire face à un déficit énergétique structurel estimé à près de 2 000 MW.

Un paradoxe qui interroge, selon Hugo Sinza.



« Si la RDC a pu dépasser la barre des trois millions de tonnes en tant que producteur mondial de cuivre, cela signifie qu’il y a de l’énergie produite dans le pays. C’est une bonne chose. Mais en même temps, nous disposons d’un potentiel de plus de 100 000 MW, capable d’électrifier toute l’Afrique, alors que notre taux d’électrification n’est que de 22 %. Cela veut dire qu’il y a un problème », a-t-il souligné.

Pour le responsable de TFM, cette situation ne peut plus être considérée comme conjoncturelle.

« Cela fait près de dix ans que nous parlons du même déficit sans parvenir à le résorber », a-t-il regretté.

Le coût économique des coupures

Au-delà des difficultés d’approvisionnement, les interruptions répétées de courant ont un impact direct sur les performances industrielles des sociétés minières.

Dans des installations fortement automatisées, une simple coupure peut provoquer des pertes importantes.

« Chaque fois qu’il y a une coupure d’électricité, même d’une minute, dans une mine, il faut près de deux heures pour redémarrer les installations. Si l’on traduit cela en pertes financières pour l’entreprise, pour l’État congolais et pour les communautés, les conséquences sont énormes », a expliqué Hugo Sinza.

Dans un contexte où la demande mondiale de cuivre et de cobalt ne cesse de croître sous l’effet de la transition énergétique, ces interruptions constituent un risque majeur pour la compétitivité du secteur congolais.

Planifier ensemble pour anticiper la demande

Pour TFM, l’heure n’est plus à la gestion permanente des urgences, mais à la construction d’une véritable stratégie énergétique intégrée.

Les compagnies minières disposent déjà d’une visibilité relativement précise sur leurs perspectives de production à moyen et long termes.

Encore faut-il que ces prévisions soient intégrées dans la planification nationale des infrastructures énergétiques.

« Nous savons aujourd’hui combien nous allons produire en 2028 ou en 2030. Nous connaissons les différentes phases de développement de nos mines. Mais pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin d’énergie », a insisté Hugo Sinza.

L’entreprise plaide ainsi pour une approche fondée sur la complémentarité entre secteur public et secteur privé.

« Nous croyons à une approche intégrée et complémentaire. Nous avons besoin d’un secteur public performant et d’un secteur privé dynamique. Il faut planifier ensemble les besoins futurs des mines et les infrastructures nécessaires pour y répondre », a-t-il plaidé.

Former dès aujourd’hui les compétences de demain

Mais pour TFM, la sécurité énergétique ne se résume pas à la seule question des mégawatts disponibles.

Selon Hugo Sinza, le véritable défi réside également dans la capacité du pays à former les compétences qui permettront demain de gérer, planifier et financer le développement énergétique national.

« La sécurité énergétique ne va pas dépendre uniquement du nombre de mégawatts que nous produisons. Elle dépendra aussi de notre capacité à gérer, à planifier et à nous projeter », a-t-il insisté.

Le responsable de TFM a ainsi plaidé pour des investissements massifs dans la formation de la jeunesse congolaise.

« Quoi que nous fassions aujourd’hui, si nous ne préparons pas la nouvelle génération des ingénieurs, des chercheurs et des spécialistes capables de structurer les financements nécessaires aux grands projets, nous risquons de nous réveiller demain avec les mêmes problèmes », a-t-il averti.

À ses yeux, l’émergence de nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, impose une adaptation rapide du système de formation.

« On peut craindre que certaines technologies remplacent des emplois. Mais si nous investissons dès aujourd’hui dans la préparation de notre jeunesse, nous pourrons transformer ces mutations en opportunités », a-t-il estimé.

Universités, État et entreprises : la nécessité d’une alliance stratégique

Au-delà des investissements dans les infrastructures, TFM estime indispensable de bâtir une véritable synergie entre les universités, les pouvoirs publics et les entreprises.

Pour Hugo Sinza, le temps presse.

« Il nous faut un partenariat entre l’État, les sociétés minières et les universités afin d’adresser ces défis. Nous n’avons plus le temps. C’est maintenant que nous devons agir. Chaque jour que nous perdons représente une perte énorme pour la nation tout entière », a-t-il affirmé.

Une vision qui rejoint les préoccupations croissantes de l’industrie minière congolaise face aux besoins futurs en ingénieurs, géologues, spécialistes des données, experts financiers et techniciens qualifiés.

Le défi du transport de l’électricité

La problématique ne se limite toutefois pas à la seule production électrique.

Pour Hugo Sinza, les infrastructures de transport constituent également un maillon critique de la chaîne énergétique.

« Même si nous produisons davantage d’électricité, encore faut-il disposer de lignes capables de la transporter. Aujourd’hui, plusieurs infrastructures ne disposent plus de la capacité suffisante », a-t-il averti.

La modernisation des réseaux de transport et de distribution apparaît ainsi comme une condition indispensable pour accompagner l’expansion rapide du secteur minier dans le Grand Katanga.

Une condition incontournable pour la croissance

À l’heure où la transition énergétique mondiale renforce l’importance stratégique du cuivre et du cobalt congolais, le message porté par TFM est sans équivoque : sans investissements massifs dans la production, le transport et la distribution d’électricité, mais aussi dans le capital humain, les ambitions minières de la RDC risquent de se heurter à une contrainte structurelle majeure.

« Donnez-nous de l’énergie, nous produirons davantage », a résumé Hugo Sinza, rappelant qu’une industrie minière performante constitue également un puissant levier de développement économique et d’investissement pour le pays.

Car pour l’industrie minière congolaise, l’énergie n’est plus seulement un facteur de compétitivité.

Elle est devenue la condition même de la croissance.rrrrrrrDRC Mining Week 2026 : pour TFM, l’énergie reste le principal verrou à la croissance minière en RDC

Alors que la République démocratique du Congo ambitionne de consolider son statut de géant mondial des minerais critiques, la question énergétique s’impose plus que jamais comme le principal défi du secteur extractif. À la DRC Mining Week 2026, Tenke Fungurume Mining a appelé à une planification concertée entre l’État, les producteurs d’électricité, les universités et les compagnies minières.

À Lubumbashi, la problématique énergétique s’est une nouvelle fois invitée au centre des débats de la DRC Mining Week. Dans une province où se concentre l’essentiel de la production nationale de cuivre et de cobalt, industriels et autorités publiques s’accordent sur un constat : sans électricité, les ambitions minières de la République démocratique du Congo risquent de se heurter à leurs propres limites.

Cette question a dominé les échanges du panel consacré à « L’énergie pour les mines : le mythe énergétique entre les sociétés minières, les services publics nationaux et les investisseurs dans les projets énergétiques », organisé dans le cadre de la 21ᵉ édition du plus grand rendez-vous minier d’Afrique centrale.


Autour de la table figuraient notamment le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, Eric Monga, directeur général de Kipay Investments, Marc Nyunzi Mutambala de FSD Africa, Major Sikaundi, directeur général de Copperbelt Energy Corporation (CEC), ainsi qu’Hugo Sinza, Directeur général adjoint du département de coopération de Tenke Fungurume Mining (TFM).

Dès son intervention, le représentant du géant minier a donné le ton.

« L’industrie minière aujourd’hui, sans énergie, c’est comme une voiture sans barre de direction », a-t-il déclaré.

Un déficit énergétique qui freine les ambitions minières

Pour TFM, la croissance de la production minière et la disponibilité de l’énergie sont désormais indissociables.

Alors que la RDC a franchi ces dernières années le seuil symbolique des trois millions de tonnes de cuivre produites annuellement, le pays continue pourtant de faire face à un déficit énergétique structurel estimé à près de 2 000 MW.

Un paradoxe qui interroge, selon Hugo Sinza.

« Si la RDC a pu dépasser la barre des trois millions de tonnes en tant que producteur mondial de cuivre, cela signifie qu’il y a de l’énergie produite dans le pays. C’est une bonne chose. Mais en même temps, nous disposons d’un potentiel de plus de 100 000 MW, capable d’électrifier toute l’Afrique, alors que notre taux d’électrification n’est que de 22 %. Cela veut dire qu’il y a un problème », a-t-il souligné.

Pour le responsable de TFM, cette situation ne peut plus être considérée comme conjoncturelle.

« Cela fait près de dix ans que nous parlons du même déficit sans parvenir à le résorber », a-t-il regretté.

Le coût économique des coupures

Au-delà des difficultés d’approvisionnement, les interruptions répétées de courant ont un impact direct sur les performances industrielles des sociétés minières.

Dans des installations fortement automatisées, une simple coupure peut provoquer des pertes importantes.

« Chaque fois qu’il y a une coupure d’électricité, même d’une minute, dans une mine, il faut près de deux heures pour redémarrer les installations. Si l’on traduit cela en pertes financières pour l’entreprise, pour l’État congolais et pour les communautés, les conséquences sont énormes », a expliqué Hugo Sinza.

Dans un contexte où la demande mondiale de cuivre et de cobalt ne cesse de croître sous l’effet de la transition énergétique, ces interruptions constituent un risque majeur pour la compétitivité du secteur congolais.

Planifier ensemble pour anticiper la demande

Pour TFM, l’heure n’est plus à la gestion permanente des urgences, mais à la construction d’une véritable stratégie énergétique intégrée.

Les compagnies minières disposent déjà d’une visibilité relativement précise sur leurs perspectives de production à moyen et long termes.

Encore faut-il que ces prévisions soient intégrées dans la planification nationale des infrastructures énergétiques.

« Nous savons aujourd’hui combien nous allons produire en 2028 ou en 2030. Nous connaissons les différentes phases de développement de nos mines. Mais pour atteindre ces objectifs, nous avons besoin d’énergie », a insisté Hugo Sinza.

L’entreprise plaide ainsi pour une approche fondée sur la complémentarité entre secteur public et secteur privé.

« Nous croyons à une approche intégrée et complémentaire. Nous avons besoin d’un secteur public performant et d’un secteur privé dynamique. Il faut planifier ensemble les besoins futurs des mines et les infrastructures nécessaires pour y répondre », a-t-il plaidé.

Former dès aujourd’hui les compétences de demain

Mais pour TFM, la sécurité énergétique ne se résume pas à la seule question des mégawatts disponibles.

Selon Hugo Sinza, le véritable défi réside également dans la capacité du pays à former les compétences qui permettront demain de gérer, planifier et financer le développement énergétique national.

« La sécurité énergétique ne va pas dépendre uniquement du nombre de mégawatts que nous produisons. Elle dépendra aussi de notre capacité à gérer, à planifier et à nous projeter », a-t-il insisté.

Le responsable de TFM a ainsi plaidé pour des investissements massifs dans la formation de la jeunesse congolaise.

« Quoi que nous fassions aujourd’hui, si nous ne préparons pas la nouvelle génération des ingénieurs, des chercheurs et des spécialistes capables de structurer les financements nécessaires aux grands projets, nous risquons de nous réveiller demain avec les mêmes problèmes », a-t-il averti.

À ses yeux, l’émergence de nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, impose une adaptation rapide du système de formation.

« On peut craindre que certaines technologies remplacent des emplois. Mais si nous investissons dès aujourd’hui dans la préparation de notre jeunesse, nous pourrons transformer ces mutations en opportunités », a-t-il estimé.

Universités, État et entreprises : la nécessité d’une alliance stratégique

Au-delà des investissements dans les infrastructures, TFM estime indispensable de bâtir une véritable synergie entre les universités, les pouvoirs publics et les entreprises.

Pour Hugo Sinza, le temps presse.

« Il nous faut un partenariat entre l’État, les sociétés minières et les universités afin d’adresser ces défis. Nous n’avons plus le temps. C’est maintenant que nous devons agir. Chaque jour que nous perdons représente une perte énorme pour la nation tout entière », a-t-il affirmé.

Une vision qui rejoint les préoccupations croissantes de l’industrie minière congolaise face aux besoins futurs en ingénieurs, géologues, spécialistes des données, experts financiers et techniciens qualifiés.

Le défi du transport de l’électricité

La problématique ne se limite toutefois pas à la seule production électrique.

Pour Hugo Sinza, les infrastructures de transport constituent également un maillon critique de la chaîne énergétique.

« Même si nous produisons davantage d’électricité, encore faut-il disposer de lignes capables de la transporter. Aujourd’hui, plusieurs infrastructures ne disposent plus de la capacité suffisante », a-t-il averti.

La modernisation des réseaux de transport et de distribution apparaît ainsi comme une condition indispensable pour accompagner l’expansion rapide du secteur minier dans le Grand Katanga.

Une condition incontournable pour la croissance

À l’heure où la transition énergétique mondiale renforce l’importance stratégique du cuivre et du cobalt congolais, le message porté par TFM est sans équivoque : sans investissements massifs dans la production, le transport et la distribution d’électricité, mais aussi dans le capital humain, les ambitions minières de la RDC risquent de se heurter à une contrainte structurelle majeure.



« Donnez-nous de l’énergie, nous produirons davantage », a résumé Hugo Sinza, rappelant qu’une industrie minière performante constitue également un puissant levier de développement économique et d’investissement pour le pays.

Car pour l’industrie minière congolaise, l’énergie n’est plus seulement un facteur de compétitivité.

Elle est devenue la condition même de la croissance.

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