
Les travaux du Colloque scientifique national consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006, vingt ans après sa promulgation, se sont poursuivis dans une ambiance studieuse à la salle des conférences internationales Monseigneur Tshibangu Tshishiku Tharcisse de l’Université de Lubumbashi.
Cette deuxième journée a été marquée par une série de communications scientifiques animées par des enseignants-chercheurs de l’UNILU autour des questions de souveraineté nationale, de gouvernance, de progrès social, d’environnement et d’adaptation des institutions aux défis contemporains de la République démocratique du Congo.
Parmi les interventions remarquées figure celle du professeur ordinaire Victor Kalunga Tshikala, de la Faculté de droit, qui a développé une réflexion sur les fondements juridiques des mutations constitutionnelles.
De son côté, le professeur ordinaire Albert Mwembo Tambwe à Nkoy, directeur général de l’École de Santé publique, a abordé la thématique relative à la santé humaine, à la santé animale et à l’environnement, plaidant pour une gouvernance éthique intégrée inspirée de l’approche « One Health ».
Le chef de travaux Janvier Lemère Kiyombo Makonga, de la Faculté de droit, a quant à lui analysé la réforme constitutionnelle en RDC sous l’angle de l’héritage des compromis politiques et de l’adaptation institutionnelle. Cette communication a précédé celle du professeur Veve Banza Kayembe, qui a mis en lumière le rôle de la socialisation politique dans la construction de la citoyenneté.
Les questions identitaires ont également trouvé une place importante dans les échanges. Le professeur André Lisongomi Batibonda, du département de sociologie, a développé une réflexion sur les rapports entre valeurs identitaires, culture et citoyenneté.
Pour sa part, le professeur Mylor Ngoy Shutcha, de la Faculté des sciences agronomiques, a attiré l’attention sur la nécessité de préserver la biodiversité congolaise, présentée comme un patrimoine stratégique pour les générations futures.
Abordant les enjeux liés au progrès social et à la souveraineté économique, le recteur de l’Université de Lubumbashi, le professeur ordinaire Gilbert Kishiba Fitula, a exposé sur la contribution de la diplomatie des ressources naturelles au développement national. Son intervention a mis en évidence les interactions entre souveraineté, valorisation des ressources stratégiques et coopération internationale.
Dans le même registre, le professeur Germain Ngoie Tshibambe, spécialiste des relations internationales, a analysé les liens entre diplomatie, coopération régionale et stabilité territoriale en RDC.
La journée s’est clôturée par trois interventions majeures. Le professeur ordinaire Jacques Ngoie Kalumba, de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, a traité de la relation entre université, innovation et industrie dans la construction des compétences nécessaires à l’économie de demain.
Le professeur Dieudonné Kakez Kayeb, des sciences sociales, politiques et administratives, a ensuite présenté une analyse des enjeux géopolitiques liés à la guerre économique et aux minerais stratégiques en RDC.
Enfin, le professeur Jeef Tshitamba a consacré sa communication à la révision constitutionnelle, qu’il considère comme un mécanisme de régulation et d’adaptation des institutions politiques aux évolutions de la société.
Tout au long de la journée, les communications ont donné lieu à des échanges nourris entre les intervenants et les participants. Universitaires, magistrats, membres de la société civile, acteurs politiques et représentants des forces vives ont activement pris part aux débats à travers de nombreuses questions et observations.
Les organisateurs soulignent que ce colloque vise à fournir une évaluation scientifique, rigoureuse et non partisane de la Constitution de 2006, tout en formulant des pistes de réflexion sur les réformes nécessaires pour répondre aux défis actuels du pays.
Les travaux du pool de l’Université de Lubumbashi se poursuivent jusqu’au 12 juin 2026 et portent notamment sur les dimensions économiques, productives, environnementales et institutionnelles du développement national.
La Rédaction