Haut-Katanga : À Mitwaba, un calme précaire sous la vigilance des autorités



Dans le territoire enclavé de Mitwaba, au Haut-Katanga, les armes se taisent peu à peu. Mais derrière cette accalmie fragile, les autorités redoublent d’efforts pour contenir une insécurité persistante et restaurer durablement l’autorité de l’État.

À près de 300 kilomètres de Lubumbashi, les pistes poussiéreuses menant à Kyubo racontent encore les stigmates récents des violences. Pourtant, ce mercredi 15 avril 2026, c’est un tout autre message que le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, est venu porter : celui de la paix et du sursaut collectif.

Face à une population éprouvée par plusieurs jours d’incursions armées, l’autorité provinciale a opté pour un discours mêlant fermeté et appel à la responsabilité.

Rompre avec les logiques insurrectionnelles

Dans cette partie du territoire de Mitwaba, les groupes armés continuent de peser sur le quotidien. Milices Maï-Maï, éléments du mouvement « Debout Katanga »… autant d’acteurs qui alimentent une instabilité chronique.

« La paix dépend aussi de votre engagement », a martelé Martin Kazembe Shula devant les habitants, appelant sans détour à se désolidariser des groupes insurrectionnels.

Un message clair : la sécurité ne peut reposer uniquement sur les forces armées. Elle exige une mobilisation communautaire, fondée sur la vigilance, l’unité et la collaboration avec les autorités.

Une zone sous pression permanente

Depuis plusieurs semaines, les localités de Lusinga et Konga ont été le théâtre d’attaques répétées, rapidement contenues par les FARDC. Si l’armée affirme avoir repris le contrôle des zones affectées, la menace reste diffuse, alimentée par des mouvements armés capables de se reconstituer rapidement.

Dans ce contexte, les descentes des autorités provinciales sur le terrain se multiplient, avec un double objectif : rassurer et prévenir.

Mitwaba-centre, entre répit et vigilance

Au cœur du territoire, Mitwaba-centre commence à retrouver un semblant de normalité. Les activités reprennent timidement, les marchés rouvrent, et la population tente de renouer avec un quotidien longtemps perturbé.

Cette accalmie, encore fragile, est le fruit d’un déploiement renforcé des forces de sécurité, mais aussi d’une coordination accrue entre autorités provinciales et leaders locaux.

Une stratégie de stabilisation plus large

Au-delà de cette visite, le gouverneur intérimaire inscrit son action dans une dynamique plus globale, alignée sur la vision du président Félix Tshisekedi :
restaurer l’autorité de l’État, stabiliser les zones en crise et relancer le développement des territoires périphériques.

Dans une province stratégique, à la fois pour des raisons sécuritaires et économiques, Mitwaba apparaît comme un test grandeur nature de cette politique.

Entre prudence et espoir

Si les armes se taisent pour l’heure, personne ne se risque à parler de paix durable. La région reste suspendue à un équilibre instable, où chaque avancée peut être remise en cause.

Mais pour les habitants de Mitwaba, cette accalmie, aussi fragile soit-elle, ouvre une brèche : celle d’un retour progressif à la normalité.

Une respiration, dans une zone habituée à vivre sous tension.

Reste à savoir si ce calme précaire pourra se transformer en paix durable — un défi qui, au-delà des discours, se jouera sur la durée et la constance de l’action publique.

Josiane Tshisola

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