
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Docteur Samuel Roger Kamba, est arrivé ce dimanche 17 mai 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, afin de superviser la riposte contre la nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola, officiellement déclarée le 14 mai 2026.
À son arrivée, le ministre a été accueilli par le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, dans un contexte d’alerte sanitaire renforcée. Il est accompagné du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Docteur Dieudonné Mwamba Kazadi, ainsi que du coordonnateur du Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP).
Une mission pour renforcer la riposte
Selon l’INSP, cette mission gouvernementale vise notamment à : évaluer la situation épidémiologique sur le terrain ; renforcer les mécanismes de riposte ; coordonner les interventions sanitaires ; ainsi transmettre un message de solidarité aux communautés affectées.
À travers cette mission, le gouvernement entend accélérer une réponse rapide, coordonnée et efficace, en plaçant la protection des populations au cœur des priorités nationales.
L’OMS déclenche une alerte sanitaire internationale
Vingt-quatre heures après la déclaration officielle de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, l’Organisation mondiale de la santé a classé l’épidémie causée par la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). L’organisation précise toutefois que la situation ne répond pas, à ce stade, aux critères d’une pandémie.
L’OMS justifie cette décision notamment par : le taux élevé de positivité des premiers échantillons ; la propagation transfrontalière déjà documentée vers l’Ouganda ; et l’absence de vaccin homologué ou de traitement spécifique contre cette souche du virus.
Une épidémie dans un contexte sécuritaire fragile
Selon les données communiquées par l’OMS, la province de l’Ituri fait face à plusieurs facteurs aggravants, notamment : l’insécurité persistante liée aux groupes armés ; les déplacements massifs de populations ; la forte mobilité autour des activités minières de Mongbwalu ; et le recours à des structures de santé informelles.
Ces éléments compliquent considérablement le traçage des contacts et les efforts de confinement. À ce jour, 246 cas suspects et environ 80 décès suspects ont été signalés dans les zones de santé de Bunia, Mongbwalu et Rwampara, avec huit cas confirmés en laboratoire.
Pas de fermeture des frontières recommandée
Malgré les inquiétudes suscitées par cette flambée épidémique, l’OMS déconseille toute fermeture des frontières ou restriction commerciale, estimant que ces mesures risqueraient de pousser les populations vers des circuits non contrôlés et de compliquer davantage la surveillance sanitaire. Cependant, le Rwanda a fermé sa frontière avec la RDC ce dimanche.
Cette nouvelle flambée d’Ebola survient près de six mois après la fin de la 16ᵉ épidémie dans le pays, officiellement déclarée terminée en décembre 2025 au Kasaï.
Josiane Tshisola Yav