
À l’occasion du Katanga Business Meeting dont la septième édition s’est clôturée à Kolwezi le 22 mai 2026, Noëlla Coursaris Musunka, fondatrice de l’organisation Malaika, a livré un plaidoyer fort en faveur d’une transformation profonde du système éducatif en République démocratique du Congo. Entre témoignage personnel, engagement communautaire et vision d’avenir, la philanthrope a insisté sur la nécessité d’investir dans une éducation adaptée aux réalités du XXIe siècle.
Née à Lubumbashi et reconnue à l’international pour sa carrière de mannequin et ses actions humanitaires, Noëlla Coursaris Musunka a partagé, devant les participants au forum économique, les résultats concrets du travail accompli à Kalebuka, une zone périphérique dans le Haut-Katanga, grâce à la fondation Malaika.
Une génération de jeunes filles déjà transformée

Émue, la fondatrice de Malaika a mis en avant les progrès réalisés auprès des jeunes filles accompagnées par son organisation depuis près de deux décennies.
« Je suis fière de voir mes filles, à 5 ans, puis devenues diplômées à 18 ans. Elles étudient aujourd’hui à l’université et certaines ont déjà obtenu leurs diplômes », a-t-elle déclaré.
À travers ce témoignage, elle a souligné l’importance d’un accompagnement éducatif durable, capable de transformer les trajectoires de vie et d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes Congolaises souvent confrontées à des obstacles sociaux et économiques.
Miser sur une éducation tournée vers l’avenir

Pour Noëlla Coursaris Musunka, le modèle éducatif traditionnel doit évoluer afin de répondre aux exigences du monde moderne. Observant les mutations de l’enseignement à travers ses propres enfants, scolarisés à l’international, elle estime qu’il est temps pour la RDC d’adapter ses méthodes pédagogiques.
« Nous ne pouvons plus maintenir une éducation traditionnelle. Il faut investir dans un enseignement de qualité », a-t-elle insisté.
Elle a particulièrement plaidé pour un renforcement des filières scientifiques et techniques, notamment les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM), tout en encourageant le développement des compétences professionnelles et universitaires orientées vers l’innovation.
Selon elle, préparer les jeunes générations à l’économie de demain implique un investissement massif dans la formation et le transfert de compétences.
L’autonomisation locale au cœur du modèle Malaika

Au-delà de l’éducation, la philanthrope a également insisté sur l’importance de bâtir des projets durables, portés par les communautés locales elles-mêmes.
À Kalebuka, a-t-elle expliqué, l’ensemble du personnel de Malaika est congolais, une stratégie visant à renforcer l’autonomisation locale et à assurer la pérennité du projet.
« Tout le personnel au Congo est congolais. Nous sommes là pour les aider, les former et leur donner les compétences nécessaires », a-t-elle souligné.
Cette approche, axée sur la responsabilisation communautaire, permet à l’organisation de fonctionner avec une équipe locale capable de poursuivre les missions de développement sans dépendance extérieure permanente.
Construire un héritage durable pour les générations futures
Face aux défis structurels qui touchent l’éducation en RDC, Noëlla Coursaris Musunka a appelé les acteurs publics, privés et communautaires à unir leurs efforts pour bâtir un système éducatif inclusif et performant.
Son intervention au Katanga Business Meeting aura ainsi porté un message clair : le développement économique durable passe nécessairement par l’investissement dans le capital humain, en particulier celui des jeunes filles et des communautés locales.
À travers l’expérience de Malaika, elle démontre qu’une vision éducative ambitieuse, ancrée dans les réalités locales, peut contribuer à transformer durablement une communauté et préparer la jeunesse congolaise aux défis du futur.
Josiane Tshisola Yav