Les représentants de l’État, des entreprises extractives et de la société civile ont franchi une étape déterminante dans la préparation de la prochaine validation de la République démocratique du Congo par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Réunis du 28 au 30 juillet 2026 à Lubumbashi, ils ont finalisé les principales améliorations à apporter au projet de cadrage du Rapport ITIE-RDC 2024 ainsi qu’au Rapport annuel d’avancement (RAA) 2025.
Au terme des trois jours de travaux, le Coordonnateur national de l’ITIE-RDC, Jean-Jacques Kayembe, s’est félicité du consensus obtenu entre les différentes parties prenantes, estimant que cette étape permet désormais d’aborder sereinement la phase de production du rapport 2024.
Un consensus trouvé sur le cadrage du rapport
Les échanges ont permis d’examiner en profondeur le document de cadrage, véritable feuille de route qui définit le périmètre, la méthodologie, les seuils de matérialité et les modalités de collecte des données du futur Rapport ITIE-RDC 2024.
Selon Jean-Jacques Kayembe, les recommandations formulées au cours de l’atelier ont fait l’objet d’un examen approfondi avant d’être intégrées au document.
«« Nous sommes finalement tombés d’accord, toutes les parties prenantes, sur la qualité du travail, sur les éléments d’amélioration et sur les compléments qui devront être intégrés. Le rapport sera publié d’ici le 31 août », a-t-il déclaré.»
Les propositions validées seront désormais transmises au Groupe technique de travail, mandaté par le Comité exécutif de l’ITIE-RDC, avant leur adoption définitive et leur validation officielle.
Le recrutement de l’administrateur indépendant en ligne de mire
La prochaine étape consistera à recruter l’administrateur indépendant chargé de produire le Rapport ITIE-RDC 2024, document qui rapprochera les déclarations des entreprises extractives de celles des administrations publiques.
Le Coordonnateur national reconnaît que cette procédure a pris du retard en raison des exigences liées aux marchés publics.
«« Nous pensons que d’ici la semaine prochaine, nous recevrons les avis de non-objection de la Direction générale de contrôle des marchés publics afin de procéder au recrutement de l’administrateur indépendant », a-t-il expliqué.»
Une fois ce recrutement finalisé, la phase de collecte et de traitement des données pourra être engagée.
Un calendrier maintenu malgré les contraintes
Interrogé sur les difficultés rencontrées, Jean-Jacques Kayembe évoque essentiellement les délais administratifs ayant retardé certaines procédures, sans remettre en cause le calendrier global.
L’objectif demeure de publier le Rapport ITIE-RDC 2024 suffisamment tôt pour qu’il puisse être pris en compte lors de la prochaine validation internationale de la RDC, attendue à partir du 1er octobre 2026.
Vingt ans de l’ITIE en RDC : des avancées majeures
Cette année marque également le vingtième anniversaire de la mise en œuvre de l’ITIE en République démocratique du Congo.
Pour Jean-Jacques Kayembe, le chemin parcouru est considérable. Il rappelle qu’au début des années 2000, les informations relatives aux contrats miniers, à la production ou aux revenus du secteur extractif étaient largement inaccessibles.
«« Aujourd’hui, l’information est disponible pour le citoyen. C’est une grande avancée. »»
Selon lui, les travaux de l’ITIE ont également contribué à plusieurs réformes structurantes, notamment l’amélioration de la transparence dans la gestion des revenus extractifs, le renforcement des mécanismes de redistribution des redevances minières aux provinces et aux entités territoriales décentralisées, ainsi que l’intégration dans le Code minier de la dotation de 0,3 % destinée au développement des communautés locales affectées par les projets miniers.
Faire de la transparence un levier de gouvernance
Au-delà de la publication des données, l’ITIE-RDC souhaite désormais que les informations produites influencent davantage les politiques publiques et améliorent concrètement la gouvernance du secteur extractif.
«« Nous ne faisons pas de la transparence pour la transparence. Il faut qu’elle améliore la gouvernance », a insisté Jean-Jacques Kayembe.»
Le Coordonnateur national estime que les populations vivant à proximité des projets miniers doivent être les premières bénéficiaires des richesses générées par l’exploitation des ressources naturelles, grâce à une meilleure utilisation des revenus et à une gouvernance plus responsable.
Il résume cette ambition par une formule simple, devenue l’un des principes directeurs de l’ITIE : « Tout montrer et tout voir. »
À quelques semaines d’une échéance internationale déterminante, cet atelier de Lubumbashi marque ainsi une étape importante dans la préparation de la RDC à sa prochaine validation, tout en réaffirmant l’engagement des parties prenantes en faveur d’une gestion plus transparente, plus responsable et plus inclusive des ressources naturelles du pays.