
La Coalition Article 64 (C64) a rejeté catégoriquement, vendredi 28 août 2026 à Kinshasa, les consultations populaires annoncées par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans le cadre du processus devant conduire au Dialogue national. La coalition de l’opposition réclame l’ouverture directe d’un dialogue qu’elle veut véritablement inclusif.
Par la voix de Martin Fayulu, qui a lu la déclaration commune de la coalition, les opposants ont dénoncé une démarche qu’ils jugent insuffisante pour répondre aux différentes crises auxquelles la République démocratique du Congo est confrontée.
« La Coalition Article 64 oppose un non catégorique et rejette avec force les prétendues consultations populaires initiées par Félix Tshisekedi en lieu et place du dialogue national inclusif », a déclaré Martin Fayulu.
La guerre et la crise sociale au cœur des critiques
Pour la C64, le lancement de ces consultations intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le pays.
La coalition cite notamment l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, les conséquences de la guerre, les crises sanitaires ainsi que les difficultés sociales et économiques auxquelles sont confrontées les populations.
Elle estime que l’ouverture d’une nouvelle séquence politique autour des consultations présidentielles risque de détourner l’attention des urgences nationales.
« Le peuple congolais n’est pas dupe », affirme la coalition, qui considère que les consultations annoncées ne constituent pas une réponse appropriée aux problèmes auxquels le pays fait face.
La Constitution et la question d’un troisième mandat
La contestation de la C64 porte également sur les intentions politiques qu’elle attribue au pouvoir en place.
La coalition soupçonne les consultations annoncées par Félix Tshisekedi de préparer, à terme, une modification de la Constitution qui pourrait, selon elle, ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.
L’opposition associe également cette question à ses préoccupations concernant l’intégrité territoriale et l’avenir institutionnel du pays.
Ces accusations constituent toutefois la lecture politique de la C64 et ne suffisent pas, à elles seules, à établir les intentions prêtées au président de la République. Félix-Antoine Tshisekedi a, de son côté, présenté le Dialogue national comme un processus destiné à traiter les causes profondes des crises congolaises et à renforcer les institutions de l’État.
Une mobilisation annoncée pour le 15 septembre
Après avoir rejeté les consultations, la C64 entend poursuivre sa mobilisation sur le terrain.
La coalition annonce une marche nationale le 15 septembre 2026, notamment pour s’opposer à tout projet de modification de la Constitution. À Kinshasa, la manifestation devrait converger vers le Palais du Peuple, selon les informations rapportées par plusieurs médias congolais.
La C64, qui réunit notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, réaffirme ainsi son exigence d’un dialogue national qu’elle souhaite plus inclusif et consacré directement aux principales crises du pays.
Un nouveau bras de fer politique
Le rejet des consultations par la C64 ouvre une nouvelle séquence de confrontation politique autour du processus annoncé par Félix Tshisekedi.
Alors que le chef de l’État prévoit de consulter les différentes composantes de la société avant la tenue des assises nationales, l’opposition réunie au sein de la C64 estime que le pays doit plutôt entrer directement dans un cadre de dialogue national inclusif.
La manière dont ces deux approches pourront se rapprocher — ou au contraire s’affronter — devrait constituer l’un des principaux enjeux politiques des prochaines semaines en RDC.