Lubumbashi : Heradi Yuma appelle à renforcer la lutte contre la fraude dans le secteur pétrolier

En marge de la première édition de la Conférence sur les hydrocarbures, tenue du 23 au juillet 2026 à Lubumbashi, l’entrepreneur et expert du secteur pétrolier en RDC Heradi Yuma a mis en garde contre la persistance de la fraude et de la concurrence déloyale. Pour lui, l’application effective des textes demeure indispensable pour assainir le marché, stabiliser les prix et restaurer la confiance des investisseurs.

La fraude continue de peser sur le fonctionnement du marché pétrolier en République démocratique du Congo, malgré les réformes engagées ces dernières années. C’est l’un des principaux constats formulés par Heradi Yuma lors de la première édition de la Conférence sur les hydrocarbures, organisée à Lubumbashi autour du thème : « Le pétrole, véritable colonne vertébrale de l’économie de la RDC ».

Pour cet entrepreneur et expert du secteur pétrolier, les efforts entrepris par les pouvoirs publics constituent une avancée, mais leur portée reste conditionnée par leur application effective sur le terrain.

Des règles connues, mais une application encore inégale

Heradi Yuma relève notamment les disparités persistantes dans les prix pratiqués sur le marché. Alors que les frais officiels de déclaration sont, selon lui, connus des opérateurs, certains acteurs parviendraient à réduire artificiellement leurs coûts en ne respectant pas l’ensemble des procédures prévues par la réglementation.

« Les efforts du Gouvernement sont réels, mais leur efficacité dépendra de l’application rigoureuse des textes sur le terrain », estime-t-il.

Cette situation crée, à ses yeux, une distorsion entre les opérateurs qui s’acquittent normalement de leurs obligations et ceux qui contournent certaines exigences légales et fiscales.

Le problème dépasse ainsi la seule question de la conformité administrative. Il touche directement à la compétitivité des entreprises et au fonctionnement du marché.

Une concurrence qui pénalise les opérateurs en règle

L’expert pointe particulièrement les conséquences de cette concurrence déloyale dans les appels d’offres lancés par les sociétés minières, grandes consommatrices de produits pétroliers.

Des opérateurs respectant les procédures légales se retrouveraient ainsi en difficulté face à des concurrents capables de proposer des prix plus bas parce qu’ils ne supportent pas les mêmes charges réglementaires et fiscales.

« Les entreprises qui respectent la réglementation se retrouvent pénalisées face à des opérateurs qui affichent des prix artificiellement bas parce qu’ils n’assument pas les mêmes charges légales et fiscales », explique Heradi Yuma.

À terme, cette situation pourrait fragiliser les entreprises formelles et décourager les investisseurs qui évoluent dans le respect des règles établies.

Renforcer les contrôles et rétablir l’équité

Face à ces difficultés, Heradi Yuma plaide pour un renforcement des mécanismes de contrôle et une application effective des sanctions prévues par la législation.

Pour lui, l’enjeu est de garantir les mêmes conditions de concurrence à l’ensemble des acteurs du secteur.

« Un marché sain est un marché où tous les opérateurs sont soumis aux mêmes règles », souligne-t-il.

Cette exigence d’équité constitue, selon lui, un préalable à l’assainissement durable du marché pétrolier congolais. Elle permettrait également de mieux sécuriser les recettes publiques et d’améliorer la prévisibilité des prix pour les grands consommateurs, notamment les entreprises minières.

Le pétrole au cœur des enjeux de souveraineté économique

La position défendue par Heradi Yuma s’inscrit dans les débats plus larges ouverts lors de cette première conférence consacrée aux hydrocarbures à Lubumbashi. Pendant deux jours, acteurs publics, opérateurs privés et experts ont notamment échangé sur le cadre légal, les défis techniques et les perspectives de développement du secteur.

Alors que la demande en produits pétroliers demeure fortement liée à l’activité minière dans la région, l’assainissement du marché apparaît comme un enjeu à la fois économique, fiscal et stratégique.

Pour les acteurs du secteur, la consolidation d’un environnement concurrentiel transparent pourrait ainsi contribuer à faire des hydrocarbures un véritable levier de souveraineté économique, plutôt qu’un marché exposé aux pratiques informelles et aux distorsions de concurrence.

La Rédaction

Partagez cette information avec vos ami(e)s

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *