
À Lubumbashi, une nouvelle dynamique se met en place pour renforcer l’accès des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive. Du 17 au 18 mars 2026, une formation a réuni plusieurs pairs éducateurs, autour d’un objectif commun : briser les tabous, améliorer l’information et promouvoir des pratiques responsables, notamment sur des questions sensibles comme la contraception et l’avortement sécurisé.
Un projet structuré pour répondre à un besoin réel

Organisée par Action pour la Santé Reproductive des Jeunes (ASRJ) et ses partenaires, cette session de formation s’est inscrite dans le cadre du projet soutenu par Global Affairs Canada, visant à garantir « des voies d’accès solides et durables aux soins d’avortement sécurisés en RDC ».
En effet, cette initiative intervient dans un contexte marqué par de nombreux obstacles : insuffisance des services de santé, accès limité à la contraception, stigmatisation sociale et déficit d’informations fiables sur les droits sexuels et reproductifs.
Ces contraintes exposent particulièrement les adolescentes et les jeunes femmes aux grossesses non désirées et aux avortements à risque, avec des conséquences graves sur leur santé et leur avenir socio-économique.
Former des pairs éducateurs pour transformer les mentalités

Président de l’ASRJ, le Dr Pamphil Bitumba explique la vision du projet :
« Nous sommes ici pour lancer le projet GAC, qui vise à renforcer les capacités des jeunes dans la communauté. Ces pairs éducateurs sont formés sur des thématiques variées afin de sensibiliser leurs congénères et de prévenir les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées. »
Au total, une trentaine de pairs éducateurs et membres d’organisations ont été ciblés pour cette formation axée sur l’éducation sexuelle complète, avec une approche participative basée sur des données scientifiques.
Le Docteur Pamphile Bitumba a également salué l’appui des partenaires :
« Grâce à notre partenaire l’ambassade du Canada, nous pouvons mettre en œuvre ce projet crucial. »
Une éducation sexuelle complète au cœur de la stratégie

Coordonnatrice du Programme national de santé des adolescents (PNSA) dans la province du Haut-Katanga, Docteure Angèle Assily Mwamba, a insisté sur la nécessité d’une meilleure information des jeunes :
« Nous devons expliquer aux jeunes les transformations qui se produisent durant la puberté et les implications pour leur santé. Il est crucial de parler du VIH et des infections sexuellement transmissibles. »
Durant les deux jours de formation, plusieurs thématiques clés ont été abordées : adolescence, VIH/SIDA, violences basées sur le genre, planification familiale, ainsi que le cadre légal lié à l’avortement, notamment le Protocole de Maputo.
L’innovation numérique au service des jeunes

Autre innovation présentée lors de cette activité : le chatbot Nurse Nisa, outil de sensibilisation numérique destiné aux jeunes.
Chanick Ilunga, coordinatrice de Youth Sprint, explique :
« Ce chatbot fournit des informations essentielles sur des sujets souvent tabous. Il est vital que les jeunes aient accès à des informations fiables sur l’avortement et la contraception. »
Cet outil s’inscrit dans une approche moderne visant à contourner les barrières sociales et culturelles qui limitent l’accès à l’information.
Réduire les risques et sauver des vies

Pour le docteur Dominique Katshabala, coordonnateur du Programme national de santé de la reproduction (PNSR) dans le Haut-Katanga, l’enjeu est avant tout sanitaire :
« La thématique des avortements est souvent traitée de manière informelle. En formant des jeunes, nous espérons qu’ils pourront communiquer efficacement sur le Protocole de Maputo et aider à réduire les décès maternels liés aux avortements non sécurisés. »
En renforçant les capacités des jeunes et en impliquant les communautés, cette initiative ambitionne de transformer durablement les normes sociales et de promouvoir un environnement plus favorable à la santé reproductive.
Un pas vers un meilleur accès aux services
À travers cette formation, ASRJ et ses partenaires entendent jeter les bases d’un changement profond dans la manière d’aborder les questions de santé sexuelle à Lubumbashi et dans le Haut-Katanga.
Au-delà de la sensibilisation, l’objectif est clair : permettre aux jeunes d’accéder à des informations fiables, à des services de qualité et, surtout, de faire des choix éclairés pour leur avenir.
Junior Ngandu