ONU : La RDC appelle à une nouvelle gouvernance mondiale des ressources naturelles pour consolider la paix



La République démocratique du Congo a placé la question de la gouvernance des ressources naturelles au cœur des débats du Conseil de sécurité des Nations unies. Sous la présidence congolaise, le Conseil a tenu, mercredi 22 juillet à New York, un débat public de haut niveau consacré au thème : « La gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

Portant le message du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a affirmé que la paix durable dans l’est de la RDC demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles.

« La gouvernance des ressources naturelles est un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales. Dans l’Est de la RDC, la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés, de l’assèchement de leurs circuits de financement et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales », a déclaré le chef de l’État dans son message.

Le président Tshisekedi a également mis en garde contre les contradictions de la transition énergétique mondiale lorsqu’elle repose sur des minerais provenant de zones de conflit.

« Il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l’injustice faite aux peuples producteurs. Il ne peut y avoir de chaînes d’approvisionnement réellement sûres sans sécurité pour les États et les communautés qui produisent ces ressources », a-t-il souligné.

Face à ces défis, le chef de l’État congolais a proposé l’élaboration d’une nouvelle doctrine internationale fondée sur plusieurs principes : le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles, la transparence des chaînes d’approvisionnement, le renforcement des mécanismes de traçabilité, la lutte contre l’impunité économique, la promotion de partenariats plus équitables ainsi que l’implication des communautés locales dans la gouvernance du secteur extractif.

« Les pays producteurs ne demandent ni faveur ni charité ; ils demandent l’équité, le respect et des partenariats qui créent de la valeur, favorisent l’industrialisation et améliorent durablement les conditions de vie des populations », a insisté le président de la République.

Cette vision s’inscrit dans l’ambition de la RDC de jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale, tout en faisant de ses ressources minières un levier d’industrialisation, de développement économique et de stabilité régionale.

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a abondé dans le même sens. Il a appelé la communauté internationale à rompre avec le modèle historique d’extraction des ressources au détriment des populations locales, rappelant que la RDC fournit à elle seule plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, un minerai essentiel à la transition énergétique.

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