
Le professeur ordinaire Pascal Sem Mbimbi, doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Lubumbashi, a pris part à l’atelier consacré à l’intégration des narratifs historiques et mémoriels du Genocost dans les programmes d’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.
Organisée dans la salle Multi-Médias du Centre culturel à Kinshasa, cette activité a réuni plusieurs universitaires et experts autour des enjeux de mémoire, de justice et de transmission historique dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire du pays.
Mandaté par le professeur ordinaire Gilbert Kishiba Fitula, recteur de l’UNILU, le professeur Pascal Sem Mbimbi a présenté, le mercredi 6 mai 2026, une communication scientifique intitulée :
« Genocost : crime économique en RDC. Essai de modélisation conceptuelle d’un système cumulatif de prédation violente, de rente illicite et d’impunité ».
Une lecture économique et systémique du Genocost
Dans son exposé, le professeur Sem Mbimbi a développé une analyse du Genocost comme un système structuré de criminalité économique, articulé autour de la violence armée, de l’exploitation illicite des ressources naturelles et de l’impunité.
Selon lui, les conflits qui secouent la RDC ne peuvent être interprétés uniquement sous l’angle sécuritaire ou humanitaire. Ils doivent également être compris comme une véritable économie de guerre, dans laquelle la violence devient un instrument de contrôle territorial et de captation des rentes minières.
L’universitaire a notamment mis en évidence plusieurs mécanismes de reproduction de ce phénomène, parmi lesquels le contrôle armé des territoires, l’exploitation illégale des ressources naturelles, le financement des groupes armés, les déplacements forcés de populations ainsi que l’affaiblissement des institutions publiques.
Mémoire, justice économique et gouvernance
Au-delà du diagnostic, le professeur Pascal Sem Mbimbi a insisté sur la nécessité d’articuler les questions de mémoire collective, de vérité historique, de justice économique et de réforme de la gouvernance des ressources naturelles afin de prévenir la répétition des violences en RDC.
Cette intervention, largement saluée par les participants, illustre la volonté de l’Université de Lubumbashi de contribuer à la production des savoirs critiques et à la réflexion académique sur les enjeux de paix, de justice et de souveraineté économique dans le pays.
À travers cette participation, l’institution universitaire réaffirme également son engagement dans la préservation de la mémoire collective et dans l’analyse scientifique des dynamiques économiques et politiques qui alimentent les crises récurrentes en République démocratique du Congo.
Beni Rashidi