Haut-Katanga : L’IGM tire la sonnette d’alarme après une attaque meurtrière dans la zone minière de Luisha



Deux morts, des otages relâchés contre rançon et une psychose grandissante dans les zones minières du Haut-Katanga. Après l’attaque armée d’un convoi de prospection près de Luisha, l’Inspection générale des Mines appelle les autorités à renforcer d’urgence la sécurité autour des sites extractifs.

Le drame s’est produit sur l’axe reliant le site de Pumpa à la route de Likasi, dans le secteur minier de Luisha, au cœur du Haut-Katanga. Le 2 mai 2026, un convoi composé de deux véhicules engagés dans une mission de prospection a été intercepté par des hommes armés et cagoulés, plongeant une nouvelle fois la région minière dans la peur.

Dans un communiqué transmis à Mines.cd, l’Inspection générale des Mines (IGM) décrit une attaque d’une rare violence.

« Des coups de feu ont été tirés au cours de l’attaque, qui a plongé la zone dans la peur et l’incertitude », indique l’institution.

Le bilan provisoire fait état de deux morts : un géologue et son chauffeur, tous deux de nationalité congolaise. Deux autres personnes — un passager congolais et un expatrié — ont été enlevées avant d’être relâchées quelques heures plus tard après le paiement d’une rançon, selon la même source.

Une insécurité qui gagne les zones minières

Au-delà de ce drame, l’IGM voit dans cette attaque le symptôme d’une dégradation plus profonde de la situation sécuritaire dans plusieurs bassins miniers du Haut-Katanga.

L’institution évoque la présence croissante d’individus armés, décrits tantôt comme des éléments incontrôlés, tantôt comme des groupes armés ou des acteurs non étatiques opérant dans les zones riches en minerais. Plusieurs incidents similaires auraient déjà été signalés ces dernières semaines autour de Luisha et dans d’autres corridors miniers stratégiques.

Cette montée de l’insécurité inquiète particulièrement les opérateurs du secteur extractif, alors que la RDC tente de consolider son image de fournisseur stratégique de cuivre et de cobalt dans un contexte mondial dominé par la transition énergétique.




« Une menace pour le climat des affaires »

Pour l’Inspection générale des Mines, la situation dépasse désormais le simple cadre criminel. Elle menace directement la stabilité des activités minières et la confiance des investisseurs.

> « Cette insécurité affecte les opérations minières et constitue une menace sérieuse pour le climat des affaires dans le secteur », souligne l’IGM dans son communiqué.



Dans une province où les activités minières structurent l’économie locale et nationale, la multiplication des attaques armées ravive les inquiétudes sur la capacité de l’État à sécuriser les zones de production et les corridors logistiques.




L’IGM appelle à une riposte urgente

Face à cette recrudescence de violence, l’Inspection générale des Mines appelle les autorités à renforcer rapidement les dispositifs sécuritaires autour des sites miniers.

> « La protection des populations et des travailleurs doit rester une priorité », insiste l’organe de contrôle.



L’IGM affirme également que des investigations sont en cours afin d’identifier les auteurs de cette attaque et de les traduire devant la justice.

Dans les milieux miniers du Haut-Katanga, cet épisode ravive un débat plus large : celui de la sécurisation des zones extractives, devenues des espaces stratégiques où se croisent enjeux économiques, tensions sociales et criminalité organisée.

Alors que la RDC ambitionne de jouer un rôle central dans l’économie mondiale des minerais critiques, la stabilité sécuritaire de ses bassins miniers apparaît plus que jamais comme une condition essentielle à la crédibilité de cette ambition.

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