
Les questions liées à la souveraineté nationale, à la sécurité humaine et à la gouvernance du secteur sécuritaire ont marqué les travaux de la deuxième journée du Colloque scientifique national consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006, vingt ans après sa promulgation. Organisé à l’Université de Lubumbashi, ce rendez-vous académique réunit chercheurs, enseignants et experts autour des principaux défis institutionnels auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Parmi les interventions ayant retenu l’attention, celle du professeur ordinaire Tshinyama Kadima Ildephonse, de l’École de criminologie de l’UNILU, a porté sur le thème : « La réforme du secteur de sécurité en RDC : entre importation de modèles et inadéquation contextuelle ».
Au cours de son exposé, l’universitaire a mis en lumière plusieurs notions fondamentales liées à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale, aux missions des forces de défense et de sécurité ainsi qu’au principe de neutralité et de non-partisanerie des institutions sécuritaires.
Selon lui, la réforme du secteur de sécurité (RSS) englobe notamment la transformation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC), de la justice militaire ainsi que des services de renseignement.
Le professeur Tshinyama Kadima a souligné que ce type de réforme est généralement mis en œuvre dans des États fragiles, en situation post-conflit ou confrontés à des défis structurels de gouvernance sécuritaire.
« Les bases actuelles de la souveraineté sécuritaire confiées aux forces nationales sont-elles suffisantes pour répondre aux défis contemporains ? », s’est-il interrogé devant l’assistance.
Pour cet expert en sécurité intérieure, la réussite de toute réforme du secteur de sécurité dépend essentiellement de plusieurs facteurs, notamment la volonté politique, l’appropriation nationale du processus et l’indépendance vis-à-vis des influences extérieures.
« La réforme du secteur de sécurité peut soit renforcer, soit fragiliser la souveraineté sécuritaire de la RDC, selon le degré d’appropriation nationale et d’indépendance dans sa mise en œuvre », a-t-il affirmé.
Au terme de sa communication, le professeur Tshinyama Kadima a formulé plusieurs recommandations visant à consolider les capacités sécuritaires du pays. Il a notamment plaidé pour une organisation intégrée du système national de sécurité, l’élaboration d’orientations stratégiques claires en matière de défense et de sécurité, une maîtrise nationale des choix stratégiques ainsi qu’une meilleure prise en compte de la dimension économique et industrielle dans les politiques sécuritaires.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle parlementaire afin de garantir une gouvernance plus efficace et plus transparente des institutions de sécurité.
Cette réflexion s’inscrit dans le cadre des travaux du colloque national sur l’évaluation de la Constitution, qui vise à analyser les acquis, les limites et les perspectives d’évolution de la loi fondamentale de la RDC, vingt ans après son entrée en vigueur.
La Rédaction