
Une avancée scientifique notable vient d’être enregistrée à la Université de Lubumbashi (UNILU), où le Dr Rogatien Mwandjalulu Kisindja a soutenu, le 16 mars 2026, une thèse d’agrégation consacrée au diabète gestationnel dans les milieux à ressources limitées de l’Est de la République démocratique du Congo.
Chef de travaux à l’Université catholique La Sapientia de Goma, le chercheur a présenté un travail de 140 pages, réalisé sous la direction du professeur Albert Mwembo Tambwe À Nkoy. Son étude s’est articulée autour de la prévalence du diabète gestationnel, de l’évaluation des biomarqueurs et des déterminants géographiques dans plusieurs zones de l’Est du pays.
Une prévalence préoccupante
Les résultats issus de cette recherche, menée entre avril 2019 et février 2021 auprès de 392 femmes enceintes âgées de 24 à 28 semaines d’aménorrhée, mettent en évidence une prévalence globale de 21,2 %. Des taux plus élevés ont été observés à Rutshuru et à Goma, où ils atteignent respectivement 27,2 % et 26,9 %.
Devant un jury présidé par le cardiologue Ngoy Nkulu Dophra, l’impétrant a expliqué que les antécédents de macrosomie néonatale ainsi que le diabète familial figurent parmi les principaux facteurs de risque identifiés.
Des limites dans l’évaluation des biomarqueurs
L’étude s’est également penchée sur l’analyse de certains biomarqueurs, notamment le cortisol. Selon le chercheur, leur capacité prédictive s’est révélée limitée, avec un taux estimé à 62,8 %. Cette interprétation reste toutefois nuancée en raison de l’absence de comparaison avec des méthodes de référence, telles que l’hyperglycémie provoquée orale.
En présence du professeur Dikanga Kazadi Jean-Marie, secrétaire général académique de l’UNILU et président de la séance, le doctorant a souligné que le diabète gestationnel toucherait environ une femme enceinte sur cinq dans les zones étudiées.
Le dépistage, un enjeu majeur de santé publique
Dans ce contexte, Rogatien Mwandjalulu Kisindja a insisté sur la nécessité de privilégier des méthodes de dépistage accessibles, indiquant que la glycémie à jeun demeure l’outil le plus adapté dans les environnements à ressources limitées.
Face à un jury composé notamment du pharmacien Bakari Amuri Salvius et du gynécologue Xavier Kinekinda Kalume, le chercheur a également mis en évidence le caractère encore sous-exploré de cette pathologie dans l’Est du pays.
Une influence possible des facteurs environnementaux
En conclusion, l’étude ouvre des pistes de réflexion sur l’influence de facteurs environnementaux, notamment la pression atmosphérique, l’altitude et la température, dans les variations de prévalence du diabète gestationnel. Les villes de Goma, Idjwi, Ngungu et Rutshuru ont constitué les principaux sites d’investigation.
À travers ce travail, Rogatien Mwandjalulu Kisindja estime avoir atteint ses objectifs, tout en appelant à un renforcement des recherches et des stratégies de dépistage pour mieux prendre en charge cette problématique de santé publique en République démocratique du Congo.
Beni Rashidi