UNILU : Une thèse révèle les écarts de qualité des soins entre les secteurs public et privé à Lubumbashi et Kolwezi



L’École de Santé publique de l’Université de Lubumbashi a accueilli, le mardi 9 juin 2026, la soutenance publique de la thèse de doctorat du chef de travaux Adrien Malandj Kes. Réalisée dans le domaine de la santé publique, cette recherche porte sur « l’évaluation de la qualité des soins à Kolwezi et à Lubumbashi : levier de performance des hôpitaux par l’amélioration continue ».

La défense s’est déroulée dans la salle Professeur Ordinaire Docteur Oscar Numbi Luboya, devant un jury présidé par le professeur ordinaire Ditend Yav Grevisse, économiste de renom.

Spécialiste en épidémiologie et contrôle des maladies, le doctorant a expliqué que son étude visait à évaluer la qualité des soins de santé dans les deux principales villes du Grand Katanga, tout en mesurant le niveau global de satisfaction des patients.

Pour mener cette recherche, 1 396 malades ont été interrogés à Lubumbashi et 846 à Kolwezi. Ces données ont permis d’analyser plusieurs indicateurs, notamment la disponibilité des équipements médicaux, leur taux d’utilisation, les déficits observés ainsi que les facteurs susceptibles d’influencer la qualité des prestations de santé.

Les résultats présentés révèlent des disparités importantes entre les structures sanitaires publiques et privées. Selon l’étude, les établissements privés affichent un taux de disponibilité des équipements médicaux avoisinant 85 %, contre près de 30 % seulement dans les structures publiques.

L’analyse montre également que les équipements disponibles dans les hôpitaux publics sont généralement fonctionnels à plus de 70 %, tandis que ce taux dépasse 85 % dans le secteur privé.

Au cours des échanges avec les membres du jury, Adrien Malandj Kes a souligné que la qualité des soins demeure un défi majeur pour les établissements sanitaires, tant du point de vue des patients que des gestionnaires.

L’étude, dont les données ont été collectées auprès de ménages sélectionnés de manière aléatoire, met également en évidence plusieurs facteurs influençant la satisfaction des usagers. Parmi ceux-ci figurent notamment l’accueil des patients, l’humanisation des soins, l’hygiène hospitalière, la disponibilité des médecins spécialistes, l’accès aux médicaments ainsi que la qualité des relations entre soignants et patients.


Selon les conclusions de la recherche, ces indicateurs obtiennent des résultats nettement plus favorables dans les structures privées que dans les établissements publics, même si les coûts des soins y demeurent généralement plus élevés.

Face à ces constats, le nouveau docteur a formulé plusieurs recommandations à l’intention des responsables des formations sanitaires ainsi que des autorités politico-administratives de Lubumbashi et de Kolwezi. Ces propositions visent à renforcer la qualité des services de santé et à promouvoir une démarche d’amélioration continue au sein des hôpitaux.

À l’issue des délibérations, le jury a décerné la mention « Grande Distinction » à Adrien Malandj Kes, récompensant ainsi la qualité scientifique de ce travail de recherche de plus de 250 pages.

La cérémonie était présidée par la professeure Hortense Kalenga Kalamo, secrétaire générale administrative de l’Université de Lubumbashi. Elle s’est déroulée devant une assistance nombreuse composée d’enseignants, chercheurs, étudiants, personnels administratifs, membres de famille, amis et connaissances venus célébrer l’accession de l’impétrant au grade de docteur en santé publique.

La Rédaction

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