
Un incendie s’est déclaré dimanche 26 juillet au pavillon « Koko Kobo » de la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi. Ce sinistre, le troisième enregistré en l’espace de quatre ans dans cet établissement pénitentiaire, remet une nouvelle fois au centre des préoccupations la question de la vétusté des infrastructures, notamment du réseau électrique datant de plusieurs décennies.
Un incendie dans le pavillon des détenus malades
Les faits se sont produits vers 14 heures dans le pavillon « Koko Kobo », également appelé bloc des malades, alors en cours de réhabilitation. Cette aile accueillait environ 300 détenus, principalement des personnes nécessitant une prise en charge médicale en raison de leur état de santé fragile.
D’après une source interne à la prison, le feu serait parti à la suite d’un court-circuit provoqué par des fils électriques entrés en contact. L’installation électrique de la prison centrale de Kasapa, mise en place en 1958, n’aurait jamais bénéficié d’une rénovation complète depuis sa construction.
Les flammes ont rapidement atteint plusieurs installations du centre de santé de la prison, notamment la pharmacie, les salles de consultation et d’hospitalisation, le bureau du médecin-directeur, ainsi que des équipements médicaux et des archives sanitaires.
Une intervention rapide limite les dégâts humains
L’intervention des sapeurs-pompiers de la mairie de Lubumbashi, renforcés par un camion anti-incendie des Établissements PMJ, a permis de maîtriser le sinistre et d’éviter une propagation à d’autres pavillons de la prison.
Aucune évasion n’a été enregistrée. Aucun décès n’a été signalé, mais trois détenus ont été touchés par l’incendie : deux ont été blessés par les flammes, dont l’un grièvement, tandis qu’un autre a été victime d’un malaise après avoir inhalé de la fumée.
Les trois victimes ont été prises en charge par les services médicaux. Quelques heures après l’incident, le gouverneur du Haut-Katanga s’est rendu sur place pour constater l’ampleur des dégâts et s’enquérir de la situation.
Une double enquête pour établir les responsabilités
Dans un communiqué publié le 26 juillet 2026 à Kinshasa, le ministère de la Justice a indiqué que les premières constatations orientaient vers une origine accidentelle liée à un dysfonctionnement du système électrique.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture d’une double enquête, administrative et judiciaire, afin de déterminer les circonstances exactes du sinistre et d’établir d’éventuelles responsabilités.
La vétusté des infrastructures toujours au cœur des préoccupations
Le gouvernement a annoncé des mesures pour assurer la continuité de la prise en charge médicale des détenus affectés et accélérer la réhabilitation des infrastructures endommagées.
Cet incendie ravive toutefois le débat sur l’état général de la prison centrale de Kasapa, un établissement construit il y a plusieurs décennies et régulièrement confronté à des défis liés à la surpopulation, au vieillissement des installations et aux conditions de détention.
Avec ce nouveau sinistre, la modernisation des infrastructures pénitentiaires apparaît une nouvelle fois comme un chantier urgent pour les autorités congolaises.