
En clôturant la 13ᵉ Conférence des gouverneurs ce samedi 28 mars 2026, le président de la république démocratique du Congo, a défendu une vision territorialisée de l’action publique, insistant sur la discipline institutionnelle et la qualité de la gouvernance comme leviers du développement.
À Bandundu-ville, les rives calmes du Kwilu ont servi de décor à une séquence politique à forte portée symbolique. C’est ici, loin de Kinshasa et de ses cercles décisionnels habituels, que le président Félix Tshisekedi Tshilombo a choisi de refermer, le 27 mars 2026, les travaux de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs.
Un choix assumé, presque revendiqué.
« En choisissant de tenir cette session ici, au cœur d’une province au potentiel immense, nous avons voulu placer notre réflexion au plus près du terrain », a-t-il déclaré, donnant le ton d’une rencontre tournée vers les réalités locales.
Décentraliser la réflexion, territorialiser l’action
Dans l’esprit du chef de l’État, la Conférence des gouverneurs ne doit plus être une simple formalité institutionnelle. Elle doit devenir un véritable outil d’ajustement des politiques publiques, capable de faire remonter les préoccupations des provinces et d’y adapter les réponses du pouvoir central.
En délocalisant les assises à Bandundu, l’exécutif congolais a voulu ainsi rompre avec une gouvernance perçue comme trop centralisée, tout en mettant en lumière les potentialités souvent sous-exploitées des provinces.
L’initiative traduit une volonté de rapprocher la décision politique du vécu quotidien, dans un pays où les disparités territoriales restent marquées.
La gouvernance, angle mort du développement ?
Mais au-delà du symbole, c’est sur le fond que le président Tshisekedi a insisté. Car pour lui, le développement ne se résume ni aux budgets, ni aux infrastructures.
« La transformation de nos provinces ne dépend pas seulement des moyens financiers (…) elle dépend aussi, et peut-être d’abord, de la qualité de notre gouvernance. »
Dans un contexte où plusieurs provinces peinent à concrétiser leurs ambitions malgré des ressources importantes, ce rappel sonne comme une mise en garde.
Transparence dans la gestion, redevabilité des autorités locales, efficacité administrative : autant d’exigences désormais posées comme des conditions préalables à toute dynamique de développement durable.
Stabilité institutionnelle : un impératif politique
Autre point clé du discours présidentiel : la stabilité des institutions provinciales.
« La stabilité institutionnelle dans les provinces est une condition du développement », a martelé le chef de l’État.
Une déclaration qui résonne dans un contexte marqué, ces dernières années, par des tensions récurrentes entre assemblées provinciales et exécutifs provinciaux, souvent soldées par des motions de défiance ou des crises politiques prolongées.
Pour le gouvernement, ces instabilités constituent un frein majeur à la mise en œuvre des politiques publiques et à l’attractivité économique des territoires.
Un cap politique réaffirmé
En filigrane, le discours de clôture de Bandundu dessine une feuille de route claire :
faire des provinces non plus de simples relais administratifs, mais de véritables pôles de croissance et de transformation économique.
Cela passe par trois piliers : une gouvernance de proximité, ancrée dans les réalités locales ; une gestion publique plus rigoureuse et plus transparente ; ainsi que des institutions provinciales stables, capables de porter des politiques dans la durée.
À Bandundu, Félix Tshisekedi n’a pas seulement clos une conférence. Il a, une fois de plus, tenté de redéfinir l’équilibre entre le centre et les territoires — un chantier central pour l’avenir politique et économique de la République démocratique du Congo.
La Rédaction