
Dans une province au cœur de l’économie minière congolaise, le gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula rebat les cartes de son exécutif. Objectif affiché : restaurer l’efficacité gouvernementale et répondre aux attentes pressantes de la population. Désormais la page du Gouverneur Jacques Kyabula semble tournée.
À Lubumbashi, capitale cuprifère de la République démocratique du Congo, le signal était attendu. Le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, a officialisé, le 23 mars 2026, un réaménagement de son gouvernement provincial, dont la composition a été rendue publique le 27 mars sur les antennes de la RTNC antenne du Haut-Katanga.
Derrière cette recomposition, une ambition claire : insuffler une nouvelle dynamique à l’action publique, dans une province stratégique où les enjeux économiques et sociaux se croisent avec acuité.
Un exécutif resserré pour plus d’efficacité
La nouvelle équipe gouvernementale, composée de dix ministres, se veut à la fois resserrée et fonctionnelle. Elle couvre les principaux leviers de l’action publique provinciale : sécurité, finances, infrastructures et secteurs productifs.
Au portefeuille de l’Intérieur et de la Sécurité, Jean-Jacques Kashiba est reconduit à ce poste, tandis que Célestin Kapwaya, prend les commandes des Finances, et sera particulièrement attendu sur la rigueur budgétaire.
Le tandem Jean de Dieu Mulenda (Plan et Budget) et Jean-Claude Senga (Infrastructures) devra, quant à lui, traduire les ambitions de développement en projets concrets.
Dans une province dominée par l’activité extractive, la nomination de Serge Owandja aux Mines apparaît stratégique.
Les secteurs sociaux et transversaux ne sont pas en reste : Max Mpande prend en charge un large portefeuille regroupant jeunesse, éducation, communication, sports et culture, tandis que Jean-Claude Kisenga à la Santé et Bobo Kanku au Genre, Famille et Enfants incarnent la dimension sociale de l’action gouvernementale.
Des défis structurels persistants
Au-delà des nominations, c’est bien la capacité de cette équipe à répondre aux urgences du terrain qui sera scrutée.
Le Haut-Katanga reste confronté à plusieurs défis majeurs : la sécurisation de certaines zones sensibles, dans un contexte national encore marqué par des tensions ; la gestion des finances publiques, régulièrement au cœur des critiques ; la diversification d’une économie largement dépendante du secteur minier ; ainsi que l’amélioration des services sociaux, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Dans cette province qui constitue l’un des poumons économiques du pays, toute réforme ou inertie a des répercussions bien au-delà de ses frontières administratives.
Une relance politique sous contrainte
Ce remaniement intervient dans un climat où les appels à redynamiser la gouvernance provinciale se faisaient de plus en plus insistants. Pour Martin Kazembe Shula, il s’agirait autant d’un ajustement technique que d’un signal politique adressé à la population et aux acteurs économiques.
En reconfigurant son équipe, le gouverneur intérimaire tente de reprendre la main sur l’agenda provincial, tout en consolidant la stabilité institutionnelle. Reste à savoir si cette nouvelle architecture gouvernementale saura produire des résultats tangibles, dans une province où les attentes sont à la hauteur de son potentiel.
La Rédaction