RDC : Patrick Muland  (FEC) prévient sur la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient n’est pas un conflit lointain : elle a des répercussions planétaires immédiates, notamment sur le prix du carburant, et pèse lourdement sur le portefeuille des citoyens et des entreprises congolaises. C’est le constat sans équivoque de Patrick Muland Kabey, Président provincial de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) dans le Haut-Katanga, lors de l’assemblée générale couplée à la cérémonie d’échange des vœux, tenue à Lubumbashi.

« Tout le monde, celui-même qui ignorerait que la guerre en Iran existe, sera victime et retombé de la guerre en Iran », a déclaré Patrick Muland Kabey, soulignant que personne ne peut échapper aux conséquences de ce conflit.

Pourquoi la guerre au Moyen-Orient frappe la poche du Congolais

Le cœur du problème réside dans le détroit d’Ormuz, zone stratégique où environ 25% du pétrole brut mondial est produit. Ce pétrole est principalement du pétrole lourd, essentiel pour les raffineries et la production de produits raffinés comme l’essence et le gazole. Toute perturbation dans cette région affecte directement l’approvisionnement mondial, y compris en République Démocratique du Congo, même si le pays n’est pas directement impliqué dans le conflit.

La RDC s’aligne sur l’Association des producteurs de produits pétroliers, ce qui la rend directement tributaire des fluctuations du marché international. Lorsque le prix du brut augmente, le prix à la pompe suit inévitablement, et c’est le consommateur congolais qui paie le prix fort.

Une hausse déjà confirmée pour le secteur minier

À ce jour, la tendance dans la région montre une croissance moyenne du prix à l’achat qui se situe entre 350 et 500 dollars le mètre cube pour l’essence, et autour de 500 dollars le mètre cube pour le gazole. Ces chiffres traduisent une pression énorme sur le portefeuille des citoyens et des entreprises.

Le gouvernement a déjà réajusté le prix du carburant pour les entreprises du secteur minier. Le prix est passé d’environ 1,70 dollar le litre à environ 2,47–2,48 dollar le litre, soit une hausse significative de près de 45%. Cette augmentation pèse directement sur les coûts de production des entreprises minières, secteur vital pour l’économie congolaise.

Une hausse imminente pour le carburant domestique

Pour les produits domestiques, c’est-à-dire le carburant destiné aux véhicules particuliers, le gouvernement n’a pas encore procédé à l’ajustement officiel. Cependant, Patrick Muland Kabey annonce clairement que cette hausse est inévitable. Les prix domestiques devraient être révisés au courant du mois d’avril 2026, et les citoyens doivent s’attendre à une augmentation significative dans les jours qui suivent.

« Le citoyen devra s’attendre dans les jours qui suivent, même pour les produits domestiques, à une hausse significative », a averti le Président provincial de la FEC. Cette hausse est malheureusement tributaire de la situation qui prévaut au Moyen-Orient suite à la guerre, et il n’y a pas de solution immédiate en vue tant que le conflit persiste.

Le vœu de la FEC : une solution diplomatique pour soulager le consommateur

Face à cette situation critique, la FEC du Haut-Katanga formule un souhait clair : que l’escalade du conflit s’arrête rapidement, que la guerre trouve une solution diplomatique négociée, et que le marché des produits pétroliers, particulièrement le brut, commence à connaître une baisse significative. Seul un apaisement géopolitique permettra d’alléger le portefeuille du consommateur congolais.

La FEC rappelle que toute prolongation du conflit aggravera la pression sur l’économie congolaise, déjà fragilisée par l’inflation et le coût de la vie élevé.

Implications pour le Haut-Katanga et la RDC tout entière

Pour les entreprises du Haut-Katanga, cette hausse signifie des coûts de production en augmentation, surtout dans les secteurs du transport, de la logistique et de l’exploitation minière. Il existe un risque réel que ces coûts supplémentaires soient transférés vers les prix finaux, affectant encore davantage les consommateurs.

Pour les citoyens, le pouvoir d’achat est directement impacté : avec le même revenu, ils achètent moins de carburant. Cette situation risque aussi d’entraîner une inflation généralisée, car le carburant plus cher fait augmenter le prix des biens de première nécessité transportés. À terme, cela pourrait générer des tensions sociales si aucune mesure d’accompagnement n’est prise par les autorités.

Un appel à la vigilance et à la solidarité nationale

La flambée des prix du carburant n’est pas une simple fluctuation du marché : c’est une crise économique et sociale qui touche directement le quotidien de millions de Congolais. Patrick Muland Kabey, au nom de la FEC du Haut-Katanga, lance un appel à la vigilance et espère que la communauté internationale favorisera une solution diplomatique rapide pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et stabiliser les prix du pétrole.

« Le souhait est que cette escalade puisse s’arrêter, que cette guerre puisse trouver une solution diplomatique… afin que le marché des produits pétroliers… puisse commencer à connaître une baisse significative et alléger le portefeuille du consommateur », a conclu Patrick Muland Kabey.

Junior Ngandu

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